Le Monde va muscler son offre du week-end
Publié lePARIS (Reuters) - Près d'un an après sa recapitalisation et l'arrivée de nouveaux actionnaires, Le Monde poursuit sa transformation en lançant le 23 septembre une nouvelle offre du week-end étoffée et repensée sur le modèle de ses grands concurrents anglo-saxons.
Sous la houlette d'une nouvelle direction, le groupe a renoué au cours de la première partie de l'année avec un résultat opérationnel positif, porté par des ventes en hausse de 2,7% grâce à une actualité particulièrement dense et une embellie sur le marché publicitaire.
"Globalement, c'est une bonne période pour la presse quotidienne, cela fait longtemps qu'on n'avait pas pu prononcer ces mots", a souligné le président du directoire Louis Dreyfus.
"Le défi qu'on a, c'est de quelle manière on peut surfer sur cette vague pour que, quand elle se retirera, c'est-à-dire après les présidentielles, on soit mieux portants et mieux équipés pour continuer à de développer", a-t-il ajouté.
Ces derniers mois, le groupe a déjà remanié en profondeur ses équipes - 15% de l'effectif a été renouvelé - réduit ses coûts et engagé la fusion de ses rédactions web et papier.
Le groupe entend désormais engager une période d'"investissements intenses", a dit Louis Dreyfus, qui se concrétisera d'abord par le lancement d'une nouvelle offre pour le week-end, nettement étoffée à l'image de ce que proposent des journaux comme le New York Times aux Etats-Unis ou le Guardian en Grande-Bretagne.
"Nous pensons que le week-end, les lecteurs sont plus disponibles. Il y a une faille dans le système français de ce point de vue-là, l'offre des quotidiens français nationaux et en particulier du Monde n'est pas suffisante", a expliqué le directeur des rédactions, Erik Izraelewicz.
Le journal daté du samedi va ainsi doubler de taille pour incorporer trois nouveaux cahiers intitulés "Science&techno", "Sports&forme" et "Culture et idées". Il sera accompagné comme aujourd'hui d'un magazine, dont la pagination sera aussi augmentée pour donner notamment plus de place à la photo.
L'ensemble sera disponible en kiosque pour un prix de 3,20 euros contre 2,60 euros aujourd'hui.
L'édition datée du dimanche et du lundi sera quant à elle enrichie avec un cahier "Géo&Politique" pour un prix inchangé.
VERS UNE DÉCENTRALISATION DE L'IMPRIMERIE
Cette nouvelle offre, qui représente un investissement d'un million d'euros sur trois mois, bénéficiera d'un tirage augmenté d'environ 30% pour son lancement avec pour objectif de faire progresser les ventes et d'augmenter les recettes publicitaires, a précisé Louis Dreyfus, sans fournir d'objectifs chiffrés.
Le groupe espère par ailleurs déboucher d'ici fin septembre sur une solution pour sa filiale LePost.fr, déficitaire.
Des discussions ont été engagées depuis deux mois avec Arianna Huffington, cofondatrice du site d'information the Huffington Post, en vue d'en faire une édition française du site américain pour un lancement qui pourrait intervenir à l'automne.
Reste l'épineux dossier de la modernisation de l'imprimerie du groupe qui enregistre les défections en série de ses clients, dont celui du quotidien économique Les Echos, programmé pour novembre 2012, qui devrait se solder par une perte de 30% de chiffre d'affaires.
Le groupe envisage aujourd'hui de ne conserver qu'une seule rotative dans son imprimerie située en région parisienne qui assumera l'essentiel de l'impression (250.000 exemplaires) et de décentraliser le reste en s'appuyant sur cinq centres régionaux.
L'objectif, jugé impératif par la direction, est de garantir que le journal soit distribué entre 14h00 et 15h00 sur la majeure partie du territoire en 2012, a souligné Louis Dreyfus, en précisant que les discussions étaient toujours en cours.
Cette réorganisation de l'imprimerie n'aurait pas d'impact sur la distribution qui resterait assurée par Presstalis.
Le Monde, qui dit avoir enregistré de bons résultats en termes de recettes publicitaires sur les mois d'été et de septembre, vise un résultat d'exploitation de 6,6 millions d'euros pour l'ensemble de l'année, dont un tiers doit être réinvesti dans le groupe.
Gwénaëlle Barzic, édité par Jean-Michel Bélot
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