Le modèle Apple offre une alternative à la réindustrialisation
Par Morgane Remy - Publié le
La production d’Apple largement réalisée en Chine profite surtout… aux Etats-Unis. Voilà le résultat de l’enquête de chercheurs du groupement d’universités californiennes.
Étude de cas : comment Apple fait pour produire en Chine et créer de la valeur dans son pays, en créant ainsi une alternative viable à la réindustrialisation ? C’est à cette question que s’emploient les chercheurs Kenneth Kraemer (UC-Irvine), Greg Linden (UC-Berkeley), and Jason Dedrick (Syracuse University).
“Alors que la plupart des entreprises sont enthousiastes à l’idée d’être le fournisseur pour les produits emblématiques d’Apple, le bénéfice en dollars reste très faible par rapport à ce que conserve Apple", annoncent-ils. Autre surprise, la Chine où sont produits la majorité des produits n’est que le cinquième bénéficiaire des retombées économiques après les Etats-Unis, la Corée du Sud, le Japon et Taiwan. D’ailleurs, "la firme qui assemble – en Chine – les produits est Foxconn, une entreprise Taiwanaise", rappellent-ils.
Apple sait conserver ses bénéfices donc : 30% sur une iPad de 16 GB et 58% sur un iPhone et créer des emplois demandants de fortes compétences. "Ramener l’assemblage des produits électroniques ne ramènera pas les Etats-Unis sur le chemin du plein emploi ou de la croissance", affirme l’étude. Monter en compétence si !
En conclusion, "la délocalisation de la production d’électronique en Asie des trois dernières décennies ne saurait être inversée. Mais, ce que nous apprend le cas Apple, c’est que ces produits sont seulement "assemblés en Asie" et non "produits en Asie" car cette région ne profite que très peu de la valeur ajoutée par rapport aux Etats-Unis."
1 réaction
fmoreau | 03/01/2012 - 01H49
Cette étude me laisse perplexe: quid du coût social ? Car si les emplois hautement qualifiés sont précieux (est-il nécessaire de le préciser ?) il est tout aussi nécessaire de donner du travail aux "petites gens" qui ne pourront jamais accéder aux postes de chercheurs,
Ingénieurs ou cadres supérieurs: la nature est injuste mais c'est ainsi !
Population désœuvrée = violence, misère morale, problèmes sanitaires etc...
Hors, la misère coûte cher : police, prisons, pompiers, travailleurs sociaux, dégradations des biens collectifs et individuels, services de santé, économies parallèles: beaucoup d'argent prélevé sur l'économie productive et gaspillé pour réparer ou rafistoler et non pour investir, construire, améliorer...
Cette étude est totalement partiale et oublie que l'économie est faite pour servir l'humanité et permettre à chacun de trouver sa place. Il est parfois permis de douter du sérieux ou de l'honnêteté morale de ces universités américaines qui se sont groupées pour pondre un tel rapport. Soit dit en passant, ces universités sont lancées dans une course à la publication afin d'accroitre leur prestige dans les classements mondiaux... La quantité prime sur la qualité...

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