Le Ministère de la Défense dépensera 750 millions d’euros en R&D

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Exosquelette Hercule
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  La direction générale de l'armement (DGA), qui dépend du ministère de la Défense, organise mardi 27 novembre son premier Forum de l'innovation au CNIT de La Défense. Pour son directeur de la stratégie, Jean-Pierre Devaux, l’initiative vise à rapprocher l'ensemble des partenaires qui innovent dans le domaine de la défense.

L'Usine Nouvelle - Pourquoi la DGA organise-t-elle son premier forum de l’innovation ?
Jean-Pierre Devaux - Cette manifestation permet de réunir l’ensemble de nos partenaires en matière d’innovation : des thésards jusqu'aux grands groupes en passant par les laboratoires, les PME, les pôles de compétitivité... C'est l'occasion de faire circuler l'information et faire dialoguer des partenaires qui ne se rencontrent pas forcément régulièrement. Le mot d'ordre de cette manifestation, c'est le décloisonnement.

Pour capter les technologies de rupture, il faut connecter un maximum d'acteurs et favoriser les rencontres improbables. Nous présentons ainsi une caméra avec un capteur qui supprime l'effet d'éblouissement, permettant ainsi d’améliorer les moyens d'observation du fantassin et qui pourrait trouver des applications dans le secteur automobile, l’aviation civile ou la vidéosurveillance. 

Dans quelle mesure ces innovations font-t-elles la différence ?
Sur le terrain militaire, l’innovation est essentielle pour maintenir l’avantage opérationnel de nos armées et mieux protéger la vie de nos soldats. Par exemple dans le domaine de la lutte contre les engins d’explosifs improvisés (IED), il faut être particulièrement innovant pour concevoir les dispositifs qui vont détecter et neutraliser ce type d’attaques souvent difficiles à déjouer.

Dans le domaine des blindés, nous nous tournons vers les centres de recherche et les PME pour concevoir des protections qui apportent le meilleur niveau de sécurité aux équipages.

Quelles sont vos priorités en termes de domaine de recherche ?
Hormis la dissuasion qui nécessite un effort significatif, on peut citer quatre grands domaines. D'abord la cybersécurité. Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a confirmé la priorité donnée à cette technologie de souveraineté en annonçant en septembre dernier un renforcement substantiel de nos équipes dédiées à ce domaine. Sur le plan technologique, nous y mettons largement plus de moyens que par le passé. La DGA a multiplié par quatre ou cinq ses effectifs dans ce domaine et triplé son budget R&T.

Ensuite, nous maintenons notre effort de développement dans le domaine des matériaux. C'est la base de tout. Le matériau fait souvent lui-même l'innovation. Les technologies de l'information et de la communication sont également une priorité. Dans toute leur dimension: réseau, recherche et analyse des données...Cela évolue tellement vite que si on arrête notre effort, on est vite déclassé. Enfin, on cherche toujours à concevoir des capteurs plus efficaces et moins lourds pour mieux appréhender l'environnement.

En termes financiers, que représente l'effort d'innovation du ministère de la Défense ?
En 2013 nous investirons 750 millions vers l'ensemble des acteurs de l'innovation. 450 thésards doctorants mènent actuellement des travaux sous convention avec la DGA. Une centaine de millions est réservée à l’innovation très en amont, c'est-à-dire aux idées nouvelles qui germent dans un laboratoire, les PME, les ETI...

Le reste sert à mûrir cette technologie au sein des bureaux d'études industriels puis à les intégrer dans des démonstrateurs. On a alors maîtrisé les risques de performances et financiers et on peut lancer des programmes d'équipements ou répondre aux offres export.

Comment soutenez-vous les PME et les laboratoires ?
L'innovation à un moment donné a besoin d'argent pour se développer. Nos dispositifs, RAPID pour les PME et ASTRID pour les laboratoires, consistent à financer le développement initial d'une innovation quand nous pensons qu'elle a un intérêt pour la défense. 

Le dispositif RAPID (Régime d’appui pour l’innovation duale, NDLR) destiné aux entreprises de moins de 2000 salariés, permet de financer les projets à fort potentiel technologique présentant des débouchés à la fois sur les marchés militaires et civils. 40 millions seront consacrés l’an prochain contre 10 millions au moment de sa création en 2009. Sur les 425 projets déposés depuis l'origine, 192 ont été retenus.

Nous avons également un programme qui s'adresse à la Recherche. Pour mieux travailler avec les laboratoires, nous avons avec l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) mis en place le nouveau dispositif ASTRID (d’Accompagnement Spécifique des Travaux de Recherche et d’Innovation Défense, NDLR) qui se traduit par l'attribution d'une subvention jusqu'à 300 K€. Le prochain appel à projets devrait être publié en décembre.

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