Investissement. Associés dans l’entreprise Capik (nom du projet), EDF ENR, la coopérative céréalière normande Cap Seine et Ikos Environnement viennent d’inaugurer une unité de méthanisation sur l’Ecoparc de Fresnoy-Folny, en Seine-Maritime.
Intégrant un méthaniseur et un process de cogénération, cette unité qui traitera, la première année, 20 000 tonnes de déchets et produira 3 200 MW/heure durant la même période, présente la particularité d’être alimentée majoritairement par des lisiers porcins.
« Nous proposons ainsi un débouché pour un déchet encombrant et peu valorisé jusqu’alors, souligne Mathieu Defrance, responsable chez Ikos Environnement du projet Capik. Tout comme pour les déchets qui compléteront notre stock, des déchets agroalimentaires de cantines scolaires, des refus de silos céréaliers, des graisses, dont le recyclage se développe, mais lentement. »
Outre l’alimentation en électricité de 1 100 habitants par an, l’unité produira aussi 2 500 tonnes d’engrais pour l’agriculture. « Nous allons réaliser un recyclage à 100 %, aucun déchet ne sortira de l’unité de méthanisation », se félicite Mathieu Defrance.
Initiatrice du projet, Ikos Environnement (130 salariés) est spécialisée dans le traitement des déchets industriels, agricoles et ménagers, à Blangy-sur-Bresle (Seine-Maritime).
D’un coût de 5,8 millions d’euros, l’unité a été financée par les trois partenaires. Par Ikos Environnement et Cap Seine pour le méthaniseur, qui représente un investissement de 3,4 millions d’euros. Par Verdesis, filiale d’EDF ENR, pour l’installation de cogénération dont elle est gestionnaire, un investissement de 2,4 millions d’euros. Ce projet a été accompagné financièrement par des subventions de la région Haute-Normandie et du département.
Si la mise en service de l’unité de méthanisation ne crée que deux emplois sur le site, « elle devrait cependant en générer beaucoup plus dans la chaîne de collecte, revendique le responsable. D’autant plus qu’en fonction des stocks de déchets amenés, la production du site peut être multipliée par trois ». Et aussi en raison de la duplication attendue du modèle technologique, aisément transposable ailleurs, pour laquelle Capik prospecte déjà.