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Le melon, source d'électricité pour GreenWatt

Par Camille Chandès - Publié le
Greenwatt
© Greenwatt

A l'occasion du salon Pollutec, L'Usine Nouvelle a rencontré les dirigeants de la jeune entreprise belge. Elle a mis au point un procédé de méthanisation à partir de fruits et légumes impropres à la consommation. Plusieurs professionnels de l’agroalimentaire sont déjà séduits.

Allée V dans la zone dédiée à la Belgique du salon Pollutec qui se tient jusqu’au 2 décembre à Paris, le stand 80, pourtant étroit, ne désemplit pas. Malgré un rendez-vous calé, difficile d’attraper Sylvain Panas le directeur général de la filiale française de GreenWatt occupé tantôt à finaliser un important contrat tantôt à répondre aux questions des nombreux curieux. L’odeur sucrée des melons présents sur le stand, le ronronnement de l’installation et la petite réputation que commence à se faire la jeune pousse belge explique probablement l’affluence. Il faut dire que l’entreprise est positionnée sur un créneau porteur : la production de chaleur et d’électricité à partir de la méthanisation de fruits et de légumes impropres à la consommation. 

L’histoire de Greenwatt commence en 2004 lorsque des étudiants de l’Université catholique de Louvain, en Belgique, décident de créer leur entreprise à partir "d’une technologie innovante de méthanisation" mise au point dans les laboratoires de l’Université. Quatre ans de recherche plus tard, le procédé est fin prêt.

Produire du biogaz

Son principe ? Utiliser des déchets de fruits (melons, prunes, pommes) mais aussi de légumes (carottes, tomates) pour produire du biogaz sous l’action de bactéries. Ce dernier est ensuite transformé par cogénération en l’électricité et en chaleur. "La culture en champ génère 10% de déchets, les fruits ou légumes pouvant être atteints de maladies ou mangés par les animaux. Par ailleurs, les pratiques de calibrage en exclut 10% supplémentaire. Il y a donc un gisement important, la seule concurrence étant les débouchés en alimentation animale", avance Sylvain Panas.

Le procédé séduit rapidement. D’autant que pour se démarquer GreenWatt opte pour une concentration des bactéries sur des supports afin de rendre les unités les plus compactes possibles. Et dissocie, pour un meilleur rendement, les deux étapes qui mènent à la fabrication du méthane dans des cuves différentes. La première installation industrielle est déployée en 2008 à Nivelle en Belgique chez un producteur d’endives, qui utilise les racines, déchets de la culture "des chicons". En septembre 2011, Boyer, le plus gros producteur français de melons au monde, installe à son tour une unité sur son site de Moissac dans le Tarn-et-Garonne. Un investissement de 1,5 million d’euros financé à hauteur de 50% par des subventions.

Traitement sur site

Bilan ? Alors qu’auparavant les melons indésirables étaient évacués par un prestataire de service par camions pour rejoindre un centre de compostage, ils sont désormais traités sur site.  La chaleur récupérée (99 MWh/mois) est utilisée pour le chauffage des bacs accueillant les melons mais fournit aussi l’eau chaude pour les logements des saisonniers. De son côté, l’électricité (76 MWh/mois) est revendue à EDF (environ 150 000 euros par an). Et les digestats issus de la méthanisation ont la possibilité de servir d’amendement agricole biologique.

GreenWatt s’apprête à transformer l’essai en France. Des contrats pour deux unités (encore confidentielles) alimentées par des racines d’endives ont été signés; tout comme celui d’une installation à base de carottes située dans les Landes. En Belgique, ce sont des déchets mélangés qui devraient nourrir une unité à Bruxelles. L’entreprise de 19 salariés prévoit de réaliser en 2012, un chiffre d’affaires de 18 millions d’euros. Et prépare son déploiement en Europe.

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