Le Medef se convertit à l'Europe
Par LAURENT VIEL, À BRUXELLES - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2907Réorientation de l'organisation patronale qui s'inquiète de la faiblesse de la représentation française.
A deux mois de l'élargissement et à trois des élections européennes, le Medef s'inquiète du déclin de l'influence française au sein de l'Union européenne. Dans un « Mémorandum Europe 2004 » présenté vendredi 27 février à Bruxelles, il rappelle que le traité de Nice réduit la présence française à 78 députés sur 732 contre 87 sur 626 actuellement. Et l'Hexa-gone ne désignera plus au sein de la prochaine commission qu'un seul représentant au lieu de deux actuellement.
Signe de la nouvelle posture pro-européenne du mouvement patronal, Yves-Thibault de Silguy, président du Comité de politique européenne du Medef et ancien commissaire européen, s'est fendu d'un satisfecit aux services de Mario Monti : malgré des « problèmes d'explication », « la direction de la concurrence traite les dossiers avec sérieux ».
Déplorant la dispersion excessive des députés français au sein du Parlement - seuls 40 d'entre eux appartiennent à l'un des trois grands blocs politiques influents -, le Medef réclame des élus « à temps plein ». Il a la dent dure pour des députés toujours adeptes du cumul des mandats, dont il met en cause le manque de productivité comme d'intérêt pour les travaux parlementaires opérationnels. Ainsi, de 1999 à fin 2003, les députés allemands ont rédigé 299 rapports, les britanniques 238, les espagnols 192, les italiens 150 et les français 119. Quant aux postes clés de présidences de commissions, la France se contente de celles de l'agriculture et de la culture.
Autre souhait, une amélioration tant quantitative que qualitative des échanges entre les parlementaires, les responsables nationaux des dossiers européens et les entreprises. « Ces dernières ont des difficultés à obtenir des informations auprès des représentants français », note Yves Thibault de Silguy. L'information circule tellement mal que, dans les entreprises multinationales, elle remonte plus rapidement par l'intermédiaire des filiales étrangères ! Des contacts institutionnalisés devraient être instaurés entre ministères, administrations et partenaires socioprofessionnels.
Enfin, Paris doit renforcer l'utilisation des instruments financiers européens. Durant la période 2001-2003, la France n'a engagé que 18% des fonds auxquels elle pouvait prétendre au titre de la politique régionale, et dont l'utilisation est importante pour les entreprises.

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