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L'Usine Maroc

Le Maroc veut mettre l’eau au programme de la COP22

Ludovic Dupin ,

Publié le

Oubliée des négociations climatiques depuis toujours, l’eau devrait faire son entrée dans la COP22 organisée par le Maroc, un pays de plus en plus soumis au stress hydrique. 

Le Maroc veut mettre l’eau au programme de la COP22 © Ludovic Dupin

"Jusqu’à la COP21, on parlait surtout (dans les négociations climatiques) d’énergie et d’émissions de CO2. Désormais, deux nouveaux sujets ont émergé. Le premier est le prix du carbone, le deuxième, qui est encore plus important selon moi, est celui de l’eau. Et pour cause, la première manifestation forte du réchauffement climatique sera l’impact sur l’eau", affirme Jean-Louis Chaussade, PDG de Suez. Pour autant, l’eau n’est pas apparue dans les négociations finales de la COP21 et l’accord de Paris obtenu en décembre dernier.

Cela devrait changer à l’occasion de la COP22 qui se tiendra en novembre à Marrakech au Maroc. Le Royaume, très soumis au stress hydrique en raison de son agriculture et de son urbanisation en croissance rapide, veut devenir le porte-parole de la question de l’eau pour toute l’Afrique. "La COP22 va permettre au Royaume de mettre en avant sa politique énergétique et climatique, mais aussi de mettre en lumière ses vulnérabilités", explique Ali Agoumi, professeur en changement climatique à l’école Hassania des travaux publics.

Développer les eaux alternatives

"Lors de la COP22, nous allons voir émerger un sujet sur l’eau et surtout sur l’utilisation des eaux alternatives", prédit Abdellah Talib, directeur du Développement Durable chez Lydec (filiale de Suez), en charge de l’eau à Casablanca. Ces eaux alternatives sont celles issues du dessalement et du retraitement des eaux usées. Dans la plus grande ville du Maroc, qui s’étend d’un hectare par jour, la question de la pression sur la ressource en eau se pose déjà. Hors aujourd’hui, les eaux usées sont traitées partiellement et rejetées au large des côtes de la ville grâce à la nouvelle station Océan. Un traitement complet de l’eau coûterait 10 dirhams par mètre cube (1 euro) alors que le prix de vente de l’eau est de 2 dirhams. L’équation économique ne tient pas.

"Personne ne peut répondre seul à ces enjeux. Pour y parvenir, la technologie ne suffit pas. Il faut des leviers sociétaux et politiques", assure Abdellah Talib. Un proche des négociations assure qu’il faudra s’assurer qu’une partie des 100 milliards de dollars du fond vert, destiné à l’adaptation face au changement climatique, aille vers les questions de ressources en eau et de protection des océans.

Dans les années 20, le résident général du Maroc, Théodore Steeg déclarait : "Au Maroc, gouverner, c'est pleuvoir", tant la question de l’eau était déjà prégnante pour le Royaume. Avec le changement climatique, le dicton pourrait changer : "Au Maroc, gouverner c’est s’adapter à la pénurie en eau".

A Casablanca, Ludovic Dupin

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