Le marché obligataire s'ouvre aux ETI
Par Arnaud Dumas - Publié le
Un Fonds commun de placement regroupant une vingtaine d'émissions obligataires d'entreprises de taille intermédiaire est lancé sur les marchés ce mois-ci. Objectif : collecter 300 millions d'euros, pour assurer une nouvelle source de financement aux ETI.
Middlenext en rêvait depuis longtemps, c'est enfin chose faite. L'association des petites et moyennes valeurs cotées en bourse s'est associée à deux sociétés de conseil financier (Accola et Investeam) pour imaginer un outil financier permettant d'ouvrir le marché obligataire aux entreprises de taille intermédiaire.
"Ces systèmes de financement non dilutifs sont très recherchés par les dirigeants d'entreprise, confie Caroline Weber, la directrice générale de Middlenext. C'est une bonne manière de diversifier ses sources d'approvisionnement."
L'outil en question est un Fonds commun de placement (FCP) qui regroupe les émissions obligataires d'une vingtaine de sociétés et dont la commercialisation sur le marché obligataire a commencé au début du mois de février 2012. "On ne pouvait pas faire une émission individuelle, car on tombe toujours sur un problème de taille, explique Thierry Sebton, président d'Accola.
"Pour intéresser les marchés, il faut une émission de 200 ou 300 millions d'euros, or le besoin des ETI se situe plutôt autour de 5 millions d'euros." Le regroupement des émissions de ces entreprises permet de créer un FCP de 300 millions d'euros avec un horizon d'investissement de six ans, chaque ETI émettant entre 5 et 20 millions d'euros d'obligations.
Reste à rassurer les investisseurs, toujours plus enclins à miser sur des sociétés connues et de plus grande taille, moins risquées que les PME. Pour répartir le risque, les gérants du fonds ont choisi des entreprises de plusieurs secteurs d'activité différents, dont 18 % dans l'industrie, 19 % dans les biens de consommation, 8 % dans la santé et 8 % dans les sociétés de technologie.
Plusieurs ETI intéressées
De plus, les émetteurs sont tous des sociétés cotées, ayant donc déjà des obligations de transparence financière, et dont la capitalisation boursière est comprise entre 30 millions et un milliard d'euros, pour un chiffre d'affaires ne dépassant pas les 2 milliards d'euros. Le nom des entreprises concernées demeure encore confidentiel tant que le fonds ne sera pas souscrit.
Enfin, dernier filet de sécurité pour les investisseurs, les gérants du fonds ont décidé d'ajouter, en plus des obligations d'ETI, 20 % d'obligations de grands groupes.
Déjà, d'autres ETI ont marqué leur intérêt pour ce type d'outil qui permet de trouver des sources de financement autres que la banque. "Il y a un vrai besoin pour les midcaps aujourd'hui, estime Thierry Sebton. Les sociétés de bourse mandatées ont reçu une forte demande de la part d'entreprises intéressées par ce produit en période de financement difficile."
D'autant que cette émission groupée permet de réduire les frais d'accès au marché. "Seule, une entreprise devrait payer de l'ordre de 400 000 euros, remarque Caroline Weber. Là, les frais sont divisés par deux car nous avons pu industrialiser le process."

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