Le marché automobile maintenu à flot par la prime à la casse en 2010
Par Barbara Leblanc - Publié leAlors que tout le monde craint les conséquences de la fin de la prime à la casse, le marché automobile français est resté à un niveau meilleur que prévu, notamment en termes de volumes.
2,25 millions. C’est le nombre de véhicules vendus entre janvier et décembre 2010, selon les chiffres publiés par le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA) le 3 janvier. Un marché soutenu par le dispositif de prime à la casse et les offres des constructeurs.
Les immatriculations ont reculé de 2,2% sur la période par rapport à 2009, année record sur le marché automobile. Ce chiffre est moins pessimiste que les prévisions des analystes qui tablaient sur une chute de 10% du marché. Sur le seul mois de décembre, la diminution du marché a été contenue à 0,7%, à 228 383 unités, du fait de l’engouement des consommateurs avant la fin de la prime à la casse et le durcissement du bonus malus écologique au 1er janvier 2011.
Selon le directeur des ventes de Renault France, Bernard Cambier, « plus de 370 000 commandes auraient été effectuées sur le mois de décembre », soit 30% de plus que le même mois en 2009. Un autre facteur est entré en jeu : les offres commerciales des constructeurs. « Sur les derniers mois, ils ont mené des politiques commerciales très agressives avec pour certains la multiplication par cinq voire dix de la prime à la casse ou le paiement de la TVA, précise Philippe Gattet, analyste automobile chez Xerfi. Cela a permis au marché de reculer faiblement et surtout de conserver des volumes importants ».
Dacia quatrième marque
Dans le détail, le groupe Renault a bien résisté sur le marché cette année, avec une hausse de ses ventes de 4,2% à 602 478 unités. Une progression due notamment aux bonnes performances de sa marque low cost Dacia, dont les ventes ont augmenté de 70,9%. « Dacia devient la quatrième marque vendue en France avec 4,6% de parts de marché, souligne Philippe Gattet. Elle sauve l’honneur du groupe Renault car pour sa part la marque éponyme chute vraiment ». Quant au groupe PSA, il a enregistré des immatriculations en baisse de 1,3%, du fait de la chute des ventes de Citroën (-5,3%). Plus globalement, les marques françaises ont moins bien résisté que les constructeurs étrangers, dont les ventes ont baissé de 2,1%. Le partenaire de Renault, Nissan, a par exemple vu ses ventes croître de 18% entre janvier et décembre. Dans le même temps, les immatriculations de Toyota se sont effondrées de 25,8%, celles de Ford de 12,7% et celles de Volkswagen de 3,6%. Son compatriote BMW a réussi à maintenir la tête hors de l’eau avec des ventes en progression de 4,7%.
Contrecoup en 2011 ?
Au regard de ces chiffres, le porte-parole du CCFA, François Roudier, assure que le premier trimestre 2011 devrait être bon du fait des bonnes commandes de décembre. Pourtant, traditionnellement, après chaque période de soutien du marché automobile, le marché s’écroule, les consommateurs ayant anticipé leurs achats d’automobiles sur les derniers mois des mesures d’aides. Ce fut le cas par exemple dans les années 1995 avec la Balladurette et la Jupette.
Sans compter que pour 2011, « les risques de chute sont importants, entre la fin de la prime à la casse, un contexte conjoncturel morose, une inflation qui revient et une politique budgétaire qui se durcit », précise Philippe Gattet. La seule inconnue qui demeure et qui pourrait amortir la chute reste la politique commerciale des constructeurs. Et de conclure : « pourront-ils continuer longtemps à proposer de tels rabais ? ».

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