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Le maïs transgénique de Bayer autorisé en France

Par Yann Le Houelleur - Publié le

Surprise, noir sur blanc, en plein été. Le Journal Officiel a publié le décret permettant à Cropscience, la division agrochimique de Bayer, d’exploiter sous toutes ses formes dans l’Hexagone les droits qu’il détient sur le maïs OGM T25.

En apparence calme, l’été réserve bien des surprises. Notamment pour les lecteurs du Journal Officiel de la République française. Un décret du ministère de l’Agriculture, publié dans l’édition du mercredi 4 août, a semé l’inquiétude parmi les opposants aux OGM (organismes génétiquement modifiés). Le maïs OGM T25, dont a branche agro-industrielle du groupe pharamaceutique Bayer détient les droits, est désormais inscrit au catalogue officiel français des semences. En fait, le gouvernement français avait ouvert la porte le 20 juillet dernier. Ce dernier avait inscrit deux variétés de maïs T25 dans le catalogue officiel des espèces et des variétés cultivées (au total, 38 variétés de maïs OGM ont été inscrites ce jour-là). Mais le fait que le décret soit apparu noir sur blanc dans le J.O. en plein été a relancé la polémique qui couvait.

catalogue des plantes autorisées


Pas facile d'y voir clair dans la législation actuelle! Certes, la culture, la transformation, la commercialisation, l’importation de l’OGM T25

Un bastion de Bayer à Lyon

Les OGM ne sont qu’un segment, parmi d’autres, de l’agrochimie (on parle aussi d’«environmental science»), secteur d’activité qui représente 37 % du chiffre d’affaires de Bayer. Si Bayer Cropscience se trouve en France, plus exactement à Lyon, alors que le cœur de l’empire Bayer bat en Allemagne, c’est pour des raisons historiques. En 2002, le chimiste germanique a acheté ce pôle agrochimique à Aventis, qui en avait lui-même hérité de Rhône-Poulenc. En vérité, jusqu’à ce jour le maïs ne jouait qu’un rôle mineur dans les cultures OGM développées par Cropscience qui avait donné la priorité au coton, à la canela et au riz. Aucune des semences brevetées par l’ambitieuse division «environmental science» de Bayer n’est présente actuellement dans les campagnes européennes.
sont autorisées dans l’espace européen en vertu d’une directive remontant à 1998. Mais il s'agit d'une condition nécessaire et non suffisante. En réalité, pour être utilisée à ces diverses fins dans un ou plusieurs pays de l’Union, une culture transgénique, quelle qu'elle soit, doit préalablement se voir inscrite au catalogue des plantes autorisées dans l’un des pays membres. A charge, pour chacune des administrations nationales, ensuite, d'accorder ou non son feu vert sur le territoire soumis à son autorité. En outre, en France, l'utilisation d'une clause de sauvegarde implique que même en cas d'autorisation, la semence ne pourrait jamais être cultivée : elle ne pourrait qu'être commercialisée.

Or, le maïs T25 jouit d’une très mauvaise réputation, à tel point qu’il a été banni du territoire d’un pays comme l’Autriche, ce que les dirigeants de Bayer Cropscience se gardent bien de rappeler. Au Brésil, de surcroît, sa culture a de même été prohibée par la justice fédérale le 28 juillet dernier, sous la pression redoublée d’un collectif d’ONG. Le pays de la canne à sucre était l'un des rares, avec les Etats-Unis, le Canada et l'Argentine, à autoriser la culture du T25.

La division agrochimie de Bayer est donc accusée, par des ONG européennes, à commencer par Greenpeace, d’avoir profité de la compréhension et de la tolérance des autorités de l’Hexagone, moyennant le lobbying que l’on imagine, pour «trouver la faille» estivale. Un tapis rouge selon les détracteurs du groupe lui permettant de commercialiser une plante aussi contestée sur d’autres marchés européens.

Bayer répond

Afin d’arrondir les angles, les dirigeants de Bayer Cropscience ont juré, la main sur le cœur, qu’ils n’aspiraient pas à vendre cette semence en Europe. Selon eux, tout soupçon en la matière serait infondé. «Il n’y a pas anguille sous roche», a déclaré François Thiboust, directeur des affaires publiques du semencier établi à Lyon, amené à se justifier alors qu’il se trouvait en vacances. «Encore faudrait-il, pour le vendre avoir l'autorisation d'utiliser le glufosinate d'ammonium sur le maïs et nous n'avons pas déposé de dossier en ce sens», a-t-il précisé. La principale caractéristique de ce maïs est d'être tolérant à cet herbicide, non autorisé aujourd'hui pour la culture du maïs.

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