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Le Made in France, déjà une réalité dans les PME-ETI

Par Frédéric Parisot - Publié le
Briquet Bic - Made in France
© Curtis Gregory Perry - Flickr - C.C.

D'après une étude réalisée par OpinionWay, 75 % des dirigeants de PME et ETI ne feraient pas appel à la délocalisation. Ils donneraient également la priorité aux sous-traitants qui produisent en France.

Dans sa dernière étude "Observatoire de la performance des PME-ETI" commandée par la Banque Palatine pour le compte du groupe i>Tele-Challenges, OpinionWay montre que la délocalisation est loin d'être une pratique courante chez les PME et ETI françaises.

75 % des 302 entrepreneurs interrogés ont en effet déclaré qu'ils réalisaient l'ensemble de leur activité dans l'hexagone. Les dirigeants de PME et ETI auraient également tendance à favoriser les entreprises françaises lors du choix de leurs fournisseurs, 77 % d'entre eux ayant indiqué qu'ils préféraient donner la priorité à des sous-traitants qui réalisent leurs produits en France.

Invités à préciser les raisons de ce choix, les patrons évoquent à 95 % le fait que le "Made in France" permet de créer des emplois (ou à défaut de les maintenir). Et à 92 % qu'il permet de préserver le savoir-faire national ou régional. Ils ne sont que 34 % à estimer que travailler avec des fournisseurs français est un luxe.

Croissance du chiffre d'affaires

L'optimisme serait globalement en hausse pour le premier trimestre 2012, toujours d'après cette étude menée auprès d'entreprises entre 15 et 500 millions d'euros de chiffre d'affaires. Les dirigeants sont plus confiants dans l'économie mondiale qu'ils ne l'étaient en 2011 (l'indice d'optimisme gagne 14 points par rapport à décembre 2011).

Il en va de même pour la confiance en l'économie française (+8 points sur la même période). 70 % des PME et ETI interrogées prévoient d'ailleurs une croissance de leur chiffre d'affaires en 2012.

La seule ombre au tableau reste l'emploi, la majorité des dirigeants prévoyant de conserver leur effectif stable durant les six prochains mois. L'emploi des cadres devrait afficher une meilleure santé que l'emploi des salariés, mais les perspectives d'embauche restent faibles sur le premier semestre 2012.

Les dirigeants de PME et ETI françaises préfèrent faire d'autres choix pour sortir de la crise : ils misent à 86 % sur un renforcement de leur stratégie commerciale, à 73 % sur une amélioration de leur outil de production, et à 68 % sur des réorganisations en interne.

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1 réaction

DN | 31/01/2012 - 10H43

Fan du Fabriqué en France

Le Made-In France qui traduit la préférence nationale aux autres alternatives est-il une stratégie commerciale de longue haleine ou simple politique de communication de circonstance ?



Quand les entreprises françaises communiquent sur le thème du Made-In France pour sauver nos savoir-faire, nos valeurs et nos emplois, le doute n’est plus permis. A l’instar de la campagne d’affichage engagée par Findus « Made-in Boulogne-sur-Mer… » qui va bien au-delà d’une simple pub pour médiatiser la cité Boulonnaise où se trouve l’usine qui y transforme 100% de ses poissons panés...



Tous les ingrédients d’un surgelé-opéra sont réunis à cette occasion ludique pour que la marmite bouille à plein :

Tout d’abord, le message s’inscrit dans un contexte politique et électoral qui rappelle qu’acheter français c’est naturellement bon pour la France… en ce moment.

Deuxièmement, le scénario met en scène les propres salariés de l’entreprise intéressés à la pérennité de leur outil de production pour l’offrir à leurs enfants dans une ville portuaire, premier port de pêche du pays, qui souffre d’un taux de chômage de 25%.

Troisièmement, une filiale dont le propriétaire étranger veut se défaire pour des raisons internes.

Quatrièmement, la pression d’un vilain concurrent étranger avide qui veut avaler le croustillant petit français.

Enfin, ma non troppo, un compétiteur turbo qui souffre de voir ses concurrents européens bénéficier d’un environnement social et fiscal plus favorable… que le sien.

Dans ce contexte hyperconcurrentiel et international, Findus France, premier de la classe chez lui, ne manque apparemment pas du panache des chefs culinaires : qualité des produits, innovation et satisfaction du client sont au menu.

Ceci dit, le cas Findus devient intéressant pour les convives quand son Directeur Général France, Matthieu Lambeaux, précise qu’il suffirait à chaque foyer Français d’acheter 2 boites par an pour créer 100 postes de travail… Chiche ! Voilà une prophétie minimaliste que tout un chacun ne s’est pas privé un jour de formuler dans son domaine d’excellence pour relativiser un objectif ambitieux, convaincre un banquier fébrile à sa cause, motiver un commercial fatigué...

Cette confidence d’entrepreneur restera-t-elle confidentielle ? J’en doute. Ce serait dommage de se priver de cette recommandation de bon sens pour réduire durablement le chômage, principal des maux dont souffre la France et frein pour lever le pessimisme ambiant de ses habitants.

Comment faire en sorte d’acheter français pour sauver nos emplois ? Tout d’abord, à l’instar de Findus, promouvoir en priorité les produits fabriqués totalement ou partiellement en France. Par exemple, dans nos cantines pour assurer l’emploi de nos jeunes. Dans tous les lieux de consommation, ensuite avec un étiquetage informatif du produit qui préciserait le nombre de ventes équivalent emploi. Ainsi tout consommateur serait en mesure de savoir au pied du rayon combien d’emplois génère sa consommation personnelle d’un produit donné et réciproquement combien d’emplois sont en jeu lorsqu’il cesse d’en acheter. Une manière de faire prendre conscience au consommateur qu’il est aussi un acteur de croissance ou de décroissance, créatrice de chômage ! Avec cette initiative, verra-t-on fleurir un jour dans nos boutiques et à l’international le slogan élitiste « Ici on fabrique Français » à côté de l’attractif « French spoken » !

Comment faire en sorte de produire Français pour créer de l’emploi ? Il s’agirait pour les commerçants et les marques de revisiter en profondeur leur modèle économique en matière d’approvisionnement. A commencer par le choix de leurs fournisseurs et des composants de leurs produits. De quoi réalimenter le débat sur l’intérêt des délocalisations et sur le respect des règles de concurrence équitable du commerce international ! A commencer par l’Union Européenne aux réglementations fiscale, sociale et sur la sécurité au travail disparates et inéquitables !

La communication « sociétale » de Findus France n’est donc pas dépourvue de vision à court et long terme où s’opposent constamment intérêts locaux, solidarités européennes et causes internationales.

Il ne s’agit donc pas dans cette affaire de simple protectionnisme puisque un poisson n’a pas de patrie. Quoique ! Il ne s’agit pas non plus de discriminer les entreprises selon l’endroit où elles opèrent où selon leur nationalité car la libre circulation des biens et des hommes ne peut primer sur la préférence nationale ou faire obstacle aux monopoles d’Etat.

A notre sens cette communication ne fait qu’entretenir et exacerber les motivations domestiques qui jalonnent continuellement nos relations de voisinage. Celles ancestrales qui nous font préférer un produit du terroir à celui d’un fournisseur lointain et inconnu, choisir un prestataire de proximité plutôt qu’un autre, même mieux disant. N’oublions pas non plus la politique qui fait que la rue, le hameau ou le quartier priment sur la commune et celle-ci sur le département, la région… les exemples ne manquent pas. Rien de choquant à cela dans un pays qui compte autant de divisions territoriales, de chapelles, de particularismes locaux et d’élus. Rien de plus naturel alors que de donner la primeur au local sur le national et l’international. Etre Citoyen du monde tout en cultivant son carré de jardin en quelque sorte.

Vive donc le Made-In France ! On peut donc parier que la communication de Findus fera florès et suscitera des initiatives commerciales et industrielles qui sentiront bon la préférence nationale. A l’instar de certains sites spécialisés pour « acheter des produits de fabrication Française ». Rien n’interdit d’ailleurs à des non Français de créer de tels sites, voire d’en développer d’autres pour promouvoir le Made in Europe ou le Made in China…

Pas de quoi rebuter les fous du FABRIQUE en FRANCE !



Donat Nobilé, gérant de Transvers Consulting, société de conseil en Stratégie&Communication

Docteur en Administration et en Economie des Entreprises

Auteur de « La Mouche du Coach » aux éditions du Panthéon (2010)

Auteur de « Réflexions innovantes en assurance vie et non-vie » (2011)

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