Le logiciel open source va créer 10000 emplois en trois ans

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En croissance de 30% par an, le secteur devrait créer 5 000 emplois nets en trois ans, hors utilisateurs et SSII. La communauté open source réclame une politique de l’Etat en faveur du logiciel libre.

Le secteur des logiciels open source se porte bien en France. A l’ouverture de l’Open World Forum, qui se déroule à Paris du 11 au 13 octobre 2012, Patrice Bertrand, président du Conseil national du logiciel libre (CNLL) et directeur général de Smile, l’un des intégrateurs spécialisés dans le domaine, le rappelle : "Selon les chiffres du cabinet Pierre Audoin Consultants, le secteur emploie quelque 30 000 personnes et représente un chiffre d’affaires de 2,5 milliards d’euros, avec une croissance moyenne de 30% par an."

Ce dynamisme crée un grand besoin de recrutement. "Selon une étude qui nous avons menée en 2011 et renouvelée en 2012, le secteur des entreprises spécialisées à 100% dans l’open source, constitué d’environ 300 PME, devrait créer 5 000 emplois nets dans les trois ans à venir", affirme Philippe Montargès, co-organisation de l’Open World Forum et Président d’Alter Way, un opérateur de services Open Source.

Or les entreprises spécialisées ne représenteraient, selon Patrice Bertrand, que 10% de l’ensemble du secteur open source, formé essentiellement de SSII comme Capgemini, Steria ou Atos, et d’utilisateurs comme La Poste, Sanofi, Alcatel-Lucent ou STMicroelectronics. "Au total, la création d’emplois dans le secteur pourrait tourner autour de 10 000 postes."

Michel Delattre, directeur informatique du groupe La Poste, confirme la montée de ses besoins de recrutement dans cette spécialité. "Car après le couches intermédiaires, l’Open Source tend à se disséminer dans le système d’information pour toucher maintenant des process métiers critiques comme le tri du courrier, et dans l’avenir les interfaces avec les clients", confirme-t-il. Sur les 6 000 personnes travaillant aux systèmes d’information, l’open source implique quelques centaines de personnes, ce qui ferait de La Poste l’un des plus gros utilisateurs de logiciel libre aux cotés des services de l’Etat et de la Ville de Paris.

Une véritable politique en faveur du logiciel libre

Le CNLL se félicite de la circulaire adressée par le Premier ministre le 19 octobre dernier aux membres du gouvernement et dans laquelle il leur recommande de privilégier, à performance et coût égaux, le logiciel libre sur le logiciel propriétaire. Mais il demande d’aller plus loin en mettant en place une véritable politique en faveur du logiciel libre. Une note avec 10 propositions a été adressée dans ce sens à Fleur Pellerin, ministre déléguée en charge des PME-PMI, de l’innovation et de l’économie numérique. Parmi ces propositions figurent la mise en place d’une obligation d’utilisation de logiciel libre dans les administrations et les collectivités locales, et non une simple recommandation comme c’est le cas aujourd’hui. Figure également la préservation de la neutralité du Net, le développement des formations sur le logiciel libre et le maintien du statut non brevetable du logiciel dans le cadre du futur brevet communautaire.

Dans son discours d’ouverture de l’Open Word Forum, Fleur Pellerin a présenté la politique dans le numérique et n’a évoqué l’open source que pour dire qu’il faut prendre en compte l’interopérabilité et l’ouverture des standards dans le développement du numérique. Une déclaration de soutien au logiciel libre.

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