Le Lehman Brother méditerranéen
Le 05 mars 2010 par Fabrice Frossard« Nous ne voulons pas être le Lehman Brothers européen », a déclaré M. Papandréou avant sa visite en Allemagne. Le feuilleton grec ressemble de plus en plus à une Odysée de la finance. Cette semaine, les marchés ont vibré majoritairement au son de la Grèce et d’un éventuel plan de soutien mis en place par l’Europe. De Wall Street à Paris, chacun était suspendu à la moindre déclaration de la BCE et de la concertation européenne. Jeudi, la Grèce lançait un emprunt de cinq milliards d’euros à dix ans avec un rendement très élevé de 6,25%.
Mardi, l’euro tombait à 1,3436 dollar, son plus bas depuis 9 mois avant de se redresser. Jeudi il clôturait à 1,36 reprenant un peu du poil de la bête face au dollar. Pourtant, tout le monde le sait, un euro faible donne de l’air aux exportations et les analystes européens espéraient tous que cette situation dure, histoire de contrer une croissance européenne molle pour 2010. Pour les économistes, une chute de 10% de l’euro face au dollar contribue à augmenter de 0,2 à 0,3 point le PIB de la zone euro. A son plus bas, ce serait ainsi 0,7 points de plus pour l’économie, sans aucun autre levier. Pas négligeable.
De plus, les économistes, encore, considèrent unanimement l’Euro comme surévalué et décorrélé de la réalité économique. Un euro à 1,20 dollars serait pour eux plus près de la réalité. Le léger rebond de l’euro ce jour pourrait pourtant être rapidement eclipsé. Outre l’inquiétude portant sur la rencontre entre Angela Merkel, la chancelière allemande, et le président grec, les marchés scrutent avec anxiété la Chine. Aujourd’hui, le parlement tient actuellement sa session annuelle. A l’ordre du jour, la limitation des crédits à 7 500 milliards de yuans (800 millions d’euros), soit 200 milliards de yuans de moins qu’en 2009. Le gouvernement chinois tente clairement de contenir la surchauffe de son économie. Le gouvernement chinois va aussi tenter de limiter le début de bulle immobilière en train de gagner les grandes villes du pays.
Ce vendredi, le CAC ouvrait en légère hausse dans le sillage de Wall Street, après une semaine haussière, largement au-dessus des 3800 points (3845 points à 10H ce vendredi). Après la prise de bénéfice de la fin du mois de février et les baisses afférentes, le marché veut repartir en s’accrochant au moindre indicateur un peu positif. Un indicateur difficile à trouver des deux côtés de l’Atlantique. Les statistiques sur l’immobilier américain sont mauvaises avec uen rechute de 7,2% des reventes en janvier, son plus bas depuis 7 mois. Sur le front de l’emploi, les chiffres sont attendus ce jour, mais le marché spécule sur 63 000 destructions d’emplois outre-atlantique et un taux de chômage à 9,8% en février. En France, ce taux a dépassé la barre symbolique des 10%...
Du côté des valeurs, Areva reprenait 0,77% ce matin après l’annonce hier de résultats opérationnels en hausse, tout comme son chiffre d’affaires à 14 Milliards d’euros en(+6,4%) et la confirmation de ses objectifs de rentabilité d’ici à 2012. Le résultat net part du groupe s’élève à 553 millions d’euros en baisse de 6,3%.
A contrario, Veolia Environnement est lui sanctionné avec un titre en baisse de 3,3% après l’annonce de ses résultats pourtant supérieurs aux attentes. Mais un chiffre d’affaires en repli n’a pas eu l’heur de plaire aux analystes.
En revanche, les actions liées aux matières premières, telles Arcelor Mittal s’envolent dans un mouvement qui devrait durer.

dans la même rubrique
13/02/2012 Christophe de Margerie défend les résultats de Total13/02/2012 Eric Besson défend les dossiers industriels délicats du moment
13/02/2012 EDF et Areva resserrent les liens












