À l'approche des fêtes de fin d'année, Delpeyrat, fidèle à son positionnement sur la gastronomie du Sud-Ouest, se lance dans la fabrication de caviar. Un choix qui remonte à plus d'un an. Thierry Blandinières, le PDG du leader français du foie gras, cherchait à diversifier sa marque vers d'autres produits haut de gamme. "Nous avions une forte demande de nos clients internationaux pour le caviar", explique Dominique Duprat, le directeur marketing.
Mais le groupe landais, filiale de la coopérative Maïsadour, souhaite donner à son produit un véritable ancrage local. "Nous ne voulions pas importer du caviar. Cela n'aurait eu aucun sens", insiste Dominique Duprat. Delpeyrat s'est donc rapproché d'un pisciculteur périgordin, Laurent Deverlanges. Sur 18 ha, de nouveaux bassins sont mis en place avec une unité d'abattage, de découpe et de transformation à Neuvic-sur-L'Isle (Dordogne). Près de 4 millions d'euros sont investis dans l'opération.
Et Delpeyrat entre au capital de la jeune société Huso, à hauteur de 10%. Pour rester fidèle à la gastronomie du Sud-Ouest, les nouveaux partenaires choisissent d'élever l'esturgeon d'Aquitaine, le baeri (acipenser baeri), plutôt que d'importer des espèces plus connues. À leur produit, ils ajoutent une pointe de beluga.
Cette année, Huso devrait produire quelques centaines de kilos de caviar, commercialisés essentiellement par Delpeyrat. La marque préfère se lancer peu à peu sur ce marché. Ses boîtes de 25 grammes vendues 40 euros seront d'abord proposées chez Cora, avant un lancement plus large en 2013, qui nécessitera d'augmenter les capacités de production. En attendant, Delpeyrat travaille à la création d'une indication géographique protégée (IGP) caviar du Sud-Ouest.











