Laurence Parisot réitère son soutien au contrat de génération promis par François Hollande, mais ne voit pas la nécessité de l'encourager par une exonération des cotisations sociales.
L'occasion est suffisamment rare pour être soulignée : pour une fois, les patrons, par la voix du Medef, ne veulent pas des exonérations de charges qui leur sont proposées !
Dans sa conférence de presse mensuelle, Laurence Parisot, présidente du Medef, a rappelé le soutien de son organisation au contrat de génération promis par François Hollande durant sa campagne et rappelé depuis qu'il est président. Un dispositif qui encourage le recrutement d'un jeune salarié et le maintien dans l'emploi d'un senior, par un allègement de cotisations sociales sur les deux salaires.
"Un schéma, selon nous, intéressant", a commenté Laurence Parisot, qui souhaite, sur cette question, l'ouverture d'une négociation entre syndicats et patronat. "Mais il n'est pas nécessaire que cette forme modernisée du tutorat soit accompagnée d'un allègement de charges", a-t-elle ajouté, soulignant qu'elle souhaitait conserver les allègements actuels.
Les contrats de génération doivent effectivement être financés par un redéploiement des exonérations de charges sur les bas salaires, qui pourraient être appliquées jusqu'à 1,5 SMIC au lieu de 1,6 SMIC actuellement, et par la fin de l'exonération des heures supplémentaires.
Selon les calculs du parti socialiste, l'exonération totale de cotisation sur un jeune payé au SMIC représenterait une économie de 2342 euros par an, l'exonération de cotisation chômage (la seule envisagée) d'un senior payé deux SMIC rapportant, elle, 2141 euros par an à l'employeur. Soit un total de 4483 euros par an et par contrat. Selon un sondage d'Oséo pour L'Entreprise, 63% des employeurs envisagent d'y recourir.
Les questions plus précises sur le contrat de génération (âge des salariés bénéficiaires, durée du contrat ou de l'exonération, suppression de certaines charges) seront abordées lors de la conférence sociale des 9 et 10 juillet. "Nous la préparons de manière intense avec les cabinets ministériels, et les forces vives du Medef, a indiqué Laurence Parisot, mais aussi avec les organisations syndicales, pour essayer de trouver des convergences".
La patronne du Medef réclame notamment que la conférence s'ouvre sur un "cadrage économique" de la situation, afin de "mesurer la réalité de la situation" et que "tous les participants aient le même diagnostic". Pas question, pour elle, de dissocier social et économique.









