LE JOUR D'APRÈS POUR L'INDUSTRIE
Par PAR GUILLAUME LECOMPTE-BOINET, AVEC LA RÉDACTION - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3232
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La réplique économique du séisme touche particulièrement les secteurs de l'énergie, des semi-conducteurs et de l'automobile.
Le drame qui a frappé le Japon le 11 mars laisse un pays profondément meurtri. Plus de 21 000 victimes, bilan très provisoire, des villes entières dévastées, une catastrophe nucléaire, et au moins 250 à 300 milliards de dollars de dégâts. Voilà le froid constat que l'on peut faire à ce jour. Sur les plans économique et industriel, le séisme de force 9 et les tsunamis qui ont suivi ont d'ores et déjà provoqué des répliques. L'économie japonaise, qui donnait déjà des signes de faiblesse à la fin 2010, pourrait, selon BNP Paribas, retomber dans la récession en 2011 avec un PIB en baisse de 1 %. L'impact des coupures d'électricité est estimé par la banque Nomura à une ponction de 0,29 % sur le PIB du Japon. Et la réplique du séisme sur le commerce maritime, si vital pour l'archipel, est de l'ordre de 10 milliards de dollars, chiffre là aussi provisoire. Plusieurs ports sont endommagés, ainsi que des terminaux vraquiers et conteneurs. Il faudra plusieurs mois avant de les remettre en état.
Les grands secteurs ne sont pas en reste : énergie (principale victime), matières premières, semi-conducteurs, luxe, automobile... Rares sont les industries à être épargnées. Les grands sites industriels souffrent des coupures d'électricité, de la désorganisation des chaînes logistiques et d'une pénurie relative de certains composants électroniques ou pièces détachées. En première ligne : les constructeurs automobiles, qui travaillent en flux tendus, mais également des industriels français installés sur place, comme Nexans, L'Oréal ou Schneider Electric. Tous ont stoppé par précaution leurs usines pendant quelques jours. Nous avons sélectionné six secteurs pour lesquels les conséquences de cette catastrophe vont être patentes.
ÉNERGIE - ÉCLIPSE PARTIELLE DE L'ATOME AU PROFIT DU GAZ
S'il est un secteur touché de plein fouet par le séisme, c'est bien celui du nucléaire. À en croire l'Agence internationale de l'énergie (AIE), la filière de l'atome ne va pas subir un arrêt brutal comme ce fut le cas après la catastrophe de Tchernobyl en Ukraine en 1986. Mais l'accident de Fukushima, au Japon, risque de ralentir pendant plusieurs années la construction de centrales. La Chine et l'Inde, les deux géants qui attendaient beaucoup de l'atome civil, ont d'ores et déjà annoncé qu'ils allaient prendre le temps de sécuriser leurs projets.
Conséquence : il va falloir trouver des énergies de substitution, au moins momentanément, pour faire face à une demande mondiale d'électricité qui croît de 2,2 % par an. « Deux énergies devraient logiquement en bénéficier : les renouvelables et le gaz », estime Cédric Philibert, spécialiste des énergies renouvelables à l'AIE. Le gaz occupe une place particulière. Le Japon a d'ores et déjà annoncé qu'il allait augmenter ses importations de ce combustible. Et la présence de gaz de schiste, avérée un peu partout sur la planète, en fait une énergie abondante... même si son bilan carbone n'est pas bon. Là où un réacteur nucléaire émet 6 kg de CO2/MWh, une centrale à gaz en émet 400 à 500 kg (hors production de pointe). Quant aux énergies renouvelables (éolien et photovoltaïque principalement), leur développement devrait s'accélérer, du moins tant que les contribuables et les consommateurs accepteront d'en payer le prix. Le MWh d'origine nucléaire coûte 30 à 40 euros, l'éolien de 60 à 110 euros et le photovoltaïque de 200 à 220 euros. Sans incitations fiscales fortes, le développement des filières éolienne et photovoltaïque risque d'être entravé.
En France, l'accident de Fukushima va également impacter le prix de revente de l'électricité d'origine nucléaire. Avec l'application, le 1er juillet prochain, de la loi Nome, EDF se trouvera dans l'obligation de vendre un quart de sa production nucléaire à ses concurrents. Avant la catastrophe japonaise, les acteurs français de l'énergie s'affrontaient à propos du tarif de revente. EDF réclame 42 euros par MWh, afin de faire face aux besoins de maintenance et d'évolution de son parc de réacteurs nucléaires. Ses concurrents, qui jugeaient ce prix surévalué, militaient pour 35 euros par MWh. Ils risquent d'en être pour leur frais. L'heure n'est plus au marchandage : la sûreté n'a pas de prix et l'électricien Direct Energie vient d'ailleurs d'indiquer qu'il était d'accord avec EDF sur le prix de 42 euros par MWh.
Autre effet indirect sur le secteur de l'énergie en France, l'accident de la centrale de Fukushima devrait conforter Anne Lauvergeon à la tête d'Areva, le numéro un mondial de l'ingénierie nucléaire. Son mandat à la tête du directoire s'achève en juin. Réactive et prompte à vanter la sûreté du réacteur EPR de troisième génération, face à des concurrents low cost, elle pourra difficilement être remerciée malgré la volonté de l'Élysée de la voir céder sa place. Le ministre de l'Industrie et de l'Énergie, Éric Besson, considère sa reconduction pour un troisième mandat de cinq ans comme « envisageable ».
ÉLECTRONIQUE - PÉNURIE DE COMPOSANTS ATTENDUE
Un seul chiffre résume la gravité de la situation dans le domaine des semi-conducteurs : le Japon intervient directement ou indirectement pour 40 % de la production mondiale. De nombreux éléments dans cette industrie viennent de l'archipel. C'est le cas des produits chimiques indispensables à la fabrication des alliages de brasage, des matières plastiques pour encapsuler les composants ou des composants du photovoltaïque. La désorganisation des infrastructures japonaises et le manque d'électricité provoquent une rupture de la chaîne logistique. Même les usines épargnées ne peuvent pas produire. Plus préoccupant, le nombre d'usines touchées au Japon s'égrène comme une litanie : Texas Instruments, Freescale, Fujitsu, Nikon, Canon...
La production de mémoires flash, utilisées comme stockage sur les tablettes et les smartphones, est particulièrement touchée. Celle des tranches de silicium de 300 millimètres, utilisées dans les processeurs, également. Les prix ont déjà commencé à augmenter. Cette hausse aura de probables répercussions sur le prix des micro-ordinateurs et des smartphones, mais aussi sur tous les sous-ensembles de l'électronique utilisés dans l'aéronautique, l'automobile, l'électroménager, les robots industriels... « Nous commencions seulement à connaître un léger mieux dans la pénurie de composants que nous subissons depuis la fin 2008, explique Richard Crétier, le délégué général du Syndicat national des entreprises de sous-traitance électronique, le Snese. Ce manque, qui touche à nouveau le Japon et la Chine, va se faire sentir très rapidement chez nous, la plupart des composants étant acheminés par avion. »
AUTOMOBILE - GRIPPAGE DANS LES PISTONS
Secteur clé de l'économie japonaise, la construction automobile est touchée de plein fouet. Tous les ténors, Toyota, Nissan, Suzuki en passant par Honda, ont fermé leurs usines d'assemblage pendant une bonne dizaine de jours. La production a déjà repris chez un certain nombre d'entre eux mais au ralenti, compte tenu des pénuries d'essence et des coupures d'électricité. Par ailleurs, plusieurs usines de fabrication de pièces ou de composants ont aussi été à l'arrêt. Les quelques sous-traitants français installés là-bas tiennent le coup vaille que vaille : « Notre usine a bien résisté, mais elle tourne par intermittence », note-t-on chez le fabricant de fixations A Raymond. Par un effet de réplique, les grandes marques automobiles mondiales subissent, ou vont subir très prochainement, les conséquences du séisme. Principal problème : la pénurie de composants électroniques. « Si la situation perdurait, nous trouverons des solutions de rechange en matière d'approvisionnement », lance Laurent Burelle, le PDG de Plastic Omnium. Faute de pièces, GM a déjà stoppé une usine en Louisiane. Volvo annonce qu'il ne dispose que d'un stock de dix jours pour certaines pièces, comme les systèmes de navigation ou l'électronique. Il envisage même de monter ces équipements après coup pour ne pas stopper ses usines. Renault, présent en Corée à travers sa filiale Samsung Motors, va subir une diminution de 20 à 30 % de la production de son usine de Busan. Nissan Europe estime qu'en raison de la rupture d'approvisionnement au Japon, il y aura « un possible impact à moyen terme » sur la production de Nissan sur le Vieux Continent.
MATIÈRES PREMIÈRES - CHUTE BRUTALE DE LA DEMANDE
Installations endommagées, dégâts subis par les ports ou les voies de communication, coupures d'électricité... La sidérurgie et la métallurgie japonaise ont dû réduire sévèrement leur production. Conséquence directe : la demande de matières premières a faibli. Déjà en reflux, les prix des non-ferreux, du charbon à coke et du minerai de fer ont reculé, mais se sont rapidement repris. Les besoins en Asie sont tels que le charbon ou le fer que les Japonais ne pourront recevoir, trouveront facilement un autre acquéreur. Le marché des terres rares s'est lui aussi détendu, provoquant une baisse des prix. Le plus touché reste l'uranium. Il a déjà perdu plus de 10 % de sa valeur alors que les actions des sociétés du secteur subissaient un recul d'environ 30 %. « Toutefois, dès que le pays commencera à reconstruire ses infrastructures, la demande va rebondir », a relevé avec opportunisme R.K. Sharma, le secrétaire général de l'industrie minière indienne le 14 mars. Outre l'acier et ses intrants, le zinc et le cuivre (de nouveau à la hausse) devraient bénéficier de la demande issue de la reconstruction dans le courant du deuxième semestre de 2011. Il faudra aussi d'importantes quantités de cuivre pour reconstruire le réseau électrique détruit. À plus long terme également, l'accident nucléaire devrait favoriser les énergies renouvelables et les métaux critiques qui leur sont liés : terres rares, indium, gallium, germanium...
AÉRONAUTIQUE - INQUIÉTUDES
Les avionneurs ont les yeux rivés sur l'archipel, tentant d'évaluer les dégâts subis par leurs fournisseurs locaux. Principalement les « heavies », Kawasaki Heavy Industries, Fuji HI et Mitsubishi HI, tous partenaires clés de l'industrie aéronautique... Boeing, par exemple, s'inquiète pour son futur 787, dont 35 % de la structure sont fournis par ses partenaires japonais. « Nous avons un peu de stock, mais pas tant que cela. Je pense que si cela dure plus longtemps que plusieurs semaines, nous aurons des problèmes », a confié à la chaîne de télévision CNBC Jim Albaugh, le patron de l'activité avions commerciaux de Boeing, le 14 mars.
Le canadien Bombardier a également matière à s'inquiéter. Mitsubishi HI produit les ailes et des éléments du fuselage de sa gamme d'avions d'affaires Global. Son concurrent Dassault Aviation craint plutôt le risque macroéconomique. Une telle crise pourrait fragiliser la reprise naissante du marché de l'aviation d'affaires. Parmi les filiales d'EADS, Airbus n'est pas très exposé au risque japonais. En revanche, Eurocopter s'inquiète de la situation de Kawasaki HI. Ce dernier fournit des pièces critiques pour son hélicoptère EC145. « Nous avons des stocks qui nous permettent de continuer à produire pendant plusieurs semaines », indique l'hélicoptériste.
LUXE - COSMÉTIQUE CHUTE DES VENTES
Le Japon reste l'un des marchés clés pour l'industrie européenne du luxe : près de 20 % des ventes de maisons comme Hermès, Bulgari ou Louis Vuitton (LVMH) en dépendent. Le pôle luxe de PPR, avec Gucci et Yves Saint Laurent, réalise 16 % de ses facturations au Japon. Selon CM-CIC Securities, l'archipel nippon représente encore 11 % des ventes mondiales du secteur. Achat plaisir, le luxe sera forcément touché par le drame national qui frappe le pays. « Le ralentissement voire la chute des ventes de produits de luxe est certaine. Mais elle pourrait être contenue sur une période d'environ six mois », estime François Arpels, le directeur de la banque d'affaires Bryan Garnier.
Dans le secteur des cosmétiques, les conséquences sont surtout industrielles. L'Oréal, qui emploie un peu plus de 2 000 personnes sur place avec une usine à Gotemba et un centre de R et D à Kawasaki, a décidé dans l'urgence de transférer son centre de distribution de Tokyo à Singapour. L'usine de Gotemba a été fermée jusqu'à nouvel ordre. « Nous fonctionnons en effectif réduit, mais tout notre personnel est sain et sauf », indique-t-on au siège. Toutefois, le marché japonais ne pèse que 2,5 % des ventes totales de L'Oréal.
À lire parmi les articles, enquêtes, interviews, analyses et témoignages publiés sur le site de « L'Usine Nouvelle ». De Nagoya à Tokyo, Français et Japonais témoignent. Les récits permettant de mesurer l'ampleur de la situation. La fabrication des circuits imprimés impactée par le séisme. Un exemple parmi d'autres pour mesurer l'impact du séisme sur l'industrie japonaise. Quels risques pour les liquidateurs de Fukushima ? L'opacité de l'organisation des interventions sur la centrale de Fukushima laisse la porte ouverte aux pires suppositions. « Avec le Japon, les autorités chinoises se veulent solidaires. » Claude Meyer, enseignant-chercheur à Sciences-Po Paris, est l'un des meilleurs experts du Japon. Cinq sources d'information directes sur le web. Une sélection de liens utiles pour suivre l'évolution du risque nucléaire.
CHRISTIAN PARISOT Chef économiste de la société d'investissement Aurel BCG.
Faut-il s'attendre à des répliques pour l'économie mondiale ? Oui, forcément, même si c'est extrêmement dur à quantifier. À court terme, l'impact sera négatif et inflationniste. Mais cela va aussi beaucoup dépendre de l'évolution de la situation au Japon. La zone touchée par le tsunami correspond à 7 % du PIB japonais. Mais si la menace nucléaire perturbe l'activité de la grande région de Tokyo, qui représente 40 % du PIB, les conséquences risquent d'être beaucoup plus graves. Cela intervient à un mauvais moment, alors que les industriels recommençaient à avoir confiance aux États-Unis comme en Europe. Comment le monde peut-il être impacté? Même si le pays est la troisième puissance économique du monde, le Japon n'est pas un si gros exportateur que cela. Les exportations ne comptent que pour 15 % de son PIB. Mais elles sont très concentrées sur certains secteurs et difficilement substituables. Les Japonais exportent beaucoup de machines-outils, d'électronique et de pièces automobiles. Dans ces secteurs, la chaîne logistique mondiale risque d'être désorganisée et les industriels vont devoir gérer des pénuries et des hausses de prix si la production ne reprend pas dans les usines japonaises. On commence à le voir. Aux États-Unis, avec des ralentissements de cadence dans l'auto. Le marché de l'énergie risque lui aussi d'être perturbé. Les Japonais ne vont pas redémarrer rapidement les centrales nucléaires et ils vont devoir se reporter sur le gaz et le pétrole. Ce qui devrait tirer à la hausse les prix. Quels sont les pays les plus affectés ? La Chine est la plus exposée. À elle seule, elle représente près de 20 % des exportations japonaises. La production industrielle chinoise pourrait ralentir dans les mois à venir. L'inquiétude grandit aussi sur les marchés financiers... Les assureurs et les banques japonaises vont devoir rapatrier des capitaux pour financer la reconstruction. Mais ils ne vont pas vendre du jour au lendemain tous leurs bons du Trésor américain et créer un krach obligataire !
Les sites industriels de l'agglomération du Tohoku, peu touchés, craignent pour leur approvisionnement. C'est le système de production qui est en péril.
Dévastée par le séisme et le tsunami du 11 mars, la région du Tohoku n'est pas la plus industrielle du pays. La ville de Sendai abrite bien une usine de Sony, de Toyota et de Nippon Steel. Mais le poids de la région reste faible comparé à celui du sud de l'archipel, coeur de l'économie japonaise. Le PIB de la région représente environ 6 à 7 % du PIB japonais. Ses capacités de production sont à peu près similaires à celles du département d'Aichi, la patrie de Toyota, pourtant dix fois plus petit en superficie. « Les dégâts sont concentrés. Les 200 sites industriels que nous assurons dans la région ne sont que peu touchés, sauf celui situé en bord de mer qui a été rasé. Le problème essentiel, c'est que ces industriels ne sont plus livrés en matières premières, les routes et l'approvisionnement en électricité sont difficiles », souligne l'assureur Marc Surleraux de FM global. Mais les conséquences pourraient dépasser le poids économique direct de Sendai. La ville représente quand même 15 % des exportations japonaises des secteurs des technologies de l'information et accueillait de nombreux sous-traitants de l'auto. « L'économie locale est très intégrée au commerce interrégional », jugent les experts de la banque Barclays. Or la moindre interruption de la supply chain met à mal le système de production en « flux tendu » japonais. D'autant que les restrictions d'électricité freinent la production dans cette région et bien au-delà.
Deux fois plus puissante que la France... PIB en milliards de dollars (estimations 2010) Japon 5 390 France 2 555 ...modérément ouverte sur le monde Échanges en milliards de dollars en Exportations Japon 781 France 595 Importations Japon 762 France 695 ...et surtout tournée vers l'Asie Répartition des exportations japonaises par 15 % Asie du Sud-Est (Asean) 56 % Asie 15 % Amérique du Nord 11 % Union européenne (dont France 1 %) 2 % Autres 781 milliards de dollars Sources : FMI, OCDE, Douanes japonaises
Une année de perdue pour la croissance Évolution du PIB L'économie japonaise, qui montrait déjà des signes de ralentissement fin 2010, pourrait retomber en récession en 2011, selon BNP Paribas. Mais elle devrait rebondir très fortement l'année suivante. C'est ce qui s'était passé notamment après le séisme de Kobé, en 1995. 2010 +2,8 % 2011 (prévisions) -1 % 2012(prévisions) +3 % Des dégâts matériels importants Estimation du coût des dommages 235 milliards de dollars Bien qu'il soit difficile d'évaluer les destructions, leur coût devrait être beaucoup plus important que celui du tremblement de terre de Kobé en 1995 (100 milliards de dollars). La Banque mondiale l'estime entre 122 et 235 milliards de dollars. Un réseau énergétique touché Impact sur le PIB des coupures d'électricité -0,29 % Une baisse de 25 % de l'approvisionnement en électricité pourrait réduire de 2,5 % la production industrielle et d'autant l'activité des services, selon les économistes de Nomura qui ont basé leurs estimations sur l'impact du black-out aux États-Unis en août 2003. Sources : BNP Paribas, Barclays,

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