Le Japon vote une rallonge budgétaire pour la reconstruction
Par Barbara Leblanc - Publié le
[ACTUALISE] 33 milliards d’euros. C’est le montant de la rallonge budgétaire accordé par le gouvernement japonais pour financer les premiers besoins de reconstruction dans la zone dévastée par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011.
Selon les médias japonais, qui relayent l’information, cette enveloppe de crédits supplémentaires s’ajoute au budget initial pour l’année budgétaire en cours, estimé à 800 milliards d’euros entre le 1er avril 2011 et le 31 mars 2012.
Dans le détail, la rallonge comprend 10 milliards d’euros pour la remise en état d’infrastructures publiques, 3 milliards d’euros pour la construction de logements provisoires. Le reste étant destiné à la restauration des établissements scolaires, au traitement des décombres et au renforcement des protections parasismiques. Elle doit encore être votée par le Parlement, qui débutera son examen le 28 avril.
Pour éviter d’endetter l’Etat, le gouvernement voulait éviter d'émettre de nouvelles obligations pour financer les dépenses. Mais le Premier ministre, Naoto Kan, a reconnu que le recours à un surcroît d'endettement sera "nécessaire" pour financer la reconstruction. "Il n'est pas souhaitable que la reconstruction soit empêchée par un manque de ressources financières. Nous devrons garantir des apports de fonds par l'émission de bons du Trésor et d'autres moyens", assure-t-il. Des économies seront réalisées sur d'autres postes, avec l'abandon d'une augmentation des allocations familiales, la suspension partielle de la gratuité des autoroutes et la réduction de l'aide publique au développement des pays étrangers.
Selon le gouvernement le montant des dégâts produits par la catastrophe du 11 mars s’élève à plus de 210 milliards d’euros, sans compter le manque à gagner des entreprises sur place victimes de coupures de courant et de l’accident nucléaire de Fukushima.
Cette annonce de la rallonge financière intervient le jour même où le patron de Tepco a présenté ses excuses au gouverneur de la région touchée par la catastrophe nucléaire.
"Je m'excuse sincèrement d'avoir été à l'origine d'un énorme problème", a déclaré Masataka Shimizu au gouverneur de la préfecture de Fukushima, Yuhei Sato. Une rencontre jusque-là repoussée par le gouverneur. Le patron de l’exploitant a aussi rencontré des habitants de la zone sinistrée, en colère contre l'entreprise exploitante. "Tepco a toujours dit Tout va bien, tout va bien. Mais qu'est-ce qui va bien ?", lui demande une vieille femme. "Vous devez rendre la situation normale le plus vite possible !" .
Le 21 avril, le gouvernement a interdit la zone des 20 km autour de la centrale. Plus de 85.000 personnes ont été contraintes d'évacuer en catastrophe les alentours de la centrale de Fukushima Daiichi

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