L'Usine de l'Energie

L’Energie, c’est aussi l’affaire de l’industrie. Pour comprendre les enjeux de la transition énergétique, suivre le développement des énergies renouvelables, décrypter les politiques environnementales et mesurer l’impact de ces changements sur la compétitivité des usines, L'Usine Nouvelle donne la parole aux industriels. Solaire, éolien, gaz de schiste, nucléaire, hydrogène, pétrole, charbon, biomasse, énergies offshores, isolation des bâtiments… toutes les énergies et les sujets seront traités par nos journalistes et notre réseau d’experts.
 

L'Usine de l'Energie

"Le Japon va devenir un terrain majeur de l'innovation énergétique"

Par  - Publié le
Akahibara Electric City
© Lhoon - Flickr - C.C.

Un an après l'accident nucléaire de Fukushima, du 11 mars 2011, la donne nucléaire a énormément changé dans l'archipel nippon. Au profit d'une autre vision de la production et de l'utilisation de l'énergie. Pour Jean-Pascal Tricoire, président du directoire de Schneider Electric, un tournant pour l'efficacité énergétique.

L'Usine Nouvelle - Le Japon post-Fukushima a la quasi-totalité de ses réacteurs nucléaires à l'arrêt. Que retenez-vous de cette situation ?
Jean-Pascal Tricoire - On est face à une réaction populaire : les gens ont eu peur, ils s'opposent à la réouverture des centrales. Malgré la pénurie d'électricité, les Japonais ont passé l'été et ses pointes de consommation électrique liées à la climatisation sans black-out. Comment ont-ils fait ? Par  de l'efficacité énergétique sous contrainte.

L'accent mis sur l'efficacité énergétique va-t-il perdurer ?
Il va même s'accentuer. L'efficacité énergétique, la gestion optimisée de l'énergie, est indispensable à un Japon qui cumule une dette énorme et une forte dépendance aux hydrocarbures, toujours plus chers. Les gens ont d'abord innové en matière de comportement. Ils vont le faire sur les technologies. On connaît la passion des Japonais pour la technologie et l'innovation. Le Japon va devenir un terrain majeur de l'innovation énergétique. Le pays est parti pour être un champion des technologies de l'efficacité énergétique.

Schneider, qui se présente comme le spécialiste de la gestion de l'énergie va-t-il participer à ce mouvement ?
Bien sûr. Nous avons 2500 salariés au Japon. Nous avons des coentreprises avec des partenaires japonais et nous allons y développer nos ventes de solutions d'efficacité énergétique. Nous participerons aussi aux développements technologiques. Il est hors de question pour Schneider de rester en dehors de ce mouvement. Nous y participerons de la même manière que nous participons à la révolution énergétique allemande. En Allemagne aussi, l'efficacité énergétique va être un ingrédient essentiel. Avec deux tels géants économiques et technologiques qui décident de faire autrement, le monde de l'énergie va évoluer. Et nous serons partie prenante de cette évolution.

La France ne risque-t-elle pas de rater le coche de l'efficacité énergétique ?
La France a construit un véritable atout avec le nucléaire, mais cette moindre pression sur la disponibilité et le coût de l'énergie ne doit pas lui faire rater la révolution de l'efficacité énergétique. D'autant plus que nous restons gros importateurs d'énergie fossile - très coûteuse - et passons les pointes de consommation à coup de génération chère et parfois très carbonée. Les grenelles de l'environnement et de la sobriété nous on fait beaucoup progresser, mais je ne vois pas encore en France la même volonté en efficacité énergétique active qu'en Allemagne ou au Japon… ou même en Chine, l'autre grand pays qui s'y intéresse de près.

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