Le Grenelle environnement négatif à long terme, selon le Trésor
Publié lePARIS (Reuters) - Les investissements mis en oeuvre dans le cadre du Grenelle de l'environnement doperont la croissance et l'emploi en France à court terme mais ces effets bénéfiques seront annulés par la suite et l'impact deviendra même négatif à long terme, conclut une étude rendue publique par la direction du Trésor.
Cette évaluation de l'impact économique du Grenelle ne prend toutefois pas en compte un éventuel avantage que pourrait retirer l'Hexagone d'un "surcroît d'innovation par rapport à nos partenaires commerciaux qui améliorerait notre compétitivité", précisent les auteurs de cette étude.
Leurs travaux ont porté sur l'impact macroéconomique des investissements dans les transports, le bâtiment et les énergies renouvelables et sur leurs répercussions sur l'ensemble de l'économie, ainsi que sur les finances publiques.
Au total, sur la période 2009-2050, les trois volets du Grenelle (bâtiment, énergies et transports) devraient générer 450 milliards d'euros d'investissements supplémentaires, concentrés sur la décennie 2010 et partagés entre ménages, entreprises et administrations publiques, expliquent les six auteurs de cette évaluation.
Jusqu'en 2020, estiment-ils, "les effets multiplicateurs de ces investissements dominent l'impact négatif du financement de leur coût sur l'économie". Le gain de croissance attendu se situerait entre 0,4% et 0,5% la première année pour culminer en 2014 entre 1,6% et 1,9%.
En 2020, les différents scénarios envisagés concluent à un gain de croissance de 0,4% à 0,8%.
En terme d'emploi, le Grenelle pourrait créer 200.000 à 250.000 postes supplémentaires "au plus fort des dix premières années", précise l'étude.
Mais, poursuit-elle, "le net ralentissement puis l'arrêt des investissements, la hausse des prix et celle des prélèvements obligatoires nécessaires au financement des investissements annulent les gains économiques du Grenelle après 2020, par rapport au scénario de référence".
L'impact négatif sur la croissance pourrait atteindre 0,5 à 0,7 point en 2023, avec à la clé la suppression de 140.000 à 180.000 emplois par rapport au scénario sans mise en oeuvre du Grenelle.
L'impact négatif s'atténuerait progressivement par la suite, permettant à l'économie de retrouver son "sentier de référence" à très long terme, précise l'étude.
Marc Angrand, édité par Patrick Vignal
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