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« Le gouvernement nous a trahis ! »

Le 30 avril 2008 par Rédaction L'Usine Nouvelle
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CatherineChapalainANIA

L'association nationale des industries alimentaire l'a mauvaise. Pour sa Directrice Générale, Catherine Chapalain, la loi de la modernisation de l'économie (LME) et plus particulièrement la seconde partie sur la « négociabilité » est une trahison.

Sur votre site se trouve une pétition contre certains articles de la loi de modernisation de l'Economie. Pourtant, comme de nombreuses autres associations, l'ANIA a été consultée en amont de cette loi. Vous n'avez pas été écouté ?

Nous croyions l'avoir été. Nous sommes abasourdis par la différence entre le texte final et le consensus obtenu lors des consultations. C'est une véritable volte-face du Président Sarkozy. Nous nous sentons trahis par ce gouvernement qui livre pieds et poings liés les fournisseurs aux distributeurs. Cette loi ne fait pas autre chose que de leur donner les pleins pouvoirs sans aucunes contreparties pour les fournisseurs. De fait, nous sommes tous très mobilisés pour défendre les fournisseurs. Que ce soit nous, mais aussi les agriculteurs, la CGPME, la FEEF, la CGI entre autres.

Pour vous, cette loi est donc uniquement en faveur des
distributeurs ?

Les 10 000 entreprises (dont 90% de PME) se retrouvent face à 7 distributeurs, mais sans règles claires. Le rapport de force est inégal. Preuve en est, même l'ILEC qui fédère les grandes marques, est mobilisée. Toute négociation donne lieu à des contreparties, c'est le cas dans tous les systèmes. Nous sommes d'accords pour la négociabilité, la concurrence, mais les contreparties doivent être formalisées et surtout vérifiable, sinon cela revient à légaliser la loi du plus fort. Nous avons besoin de règles du jeu claires.

L'argument d'une baisse des prix, quasi mécanique, n'est donc pas recevable ?

Avant toute chose, contrairement aux déclarations de Mme Christine Lagarde, selon Eurostat et d'autres études, les prix moyens constatés en France sont dans la moyenne de celles des autres pays européens, et relativement équivalent à ceux pratiqués en Allemagne. La loi Chatel, autorisant les revendeurs à intégrer dans leurs prix de vente l'ensemble des avantages obtenus des fournisseurs permet déjà de faire baisser les prix, à l'image de ce que font déjà Système U ou Carrefour. A terme cette loi fragilise les 10 000 PME et met en péril les 420 000 emplois associés. L'Angleterre a mis en œuvre un système proche de ce que veut faire le gouvernement, avec pour résultat une présence dans les linéaires d'une ou deux grandes marques et une marque de distributeur.

Outre la pétition, vous envisagez d'autres actions pour faire valoir votre point de vue ?

Nous prévoyons en effet une manifestation à la mi-mai à l'appel de tous nos partenaires. Par ailleurs, nous parlons beaucoup avec les députés dont la plupart sont très sensibles à nos arguments et plutôt en notre faveur.

Propos recueillis par Fabrice Frossard

La pétition

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