Le gouvernement met fin aux fonctions du PDG de la SNPE
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié leJacques Zyss quitte l'ex-Société nationale des poudres et explosifs. Plus rien n'entrave désormais projet gouvernemental de rapprocher la branche SME de la SNPE du groupe Safran.
Depuis l'entrée d'Antoine Gendry au conseil d'administration le 7 novembre, son départ semblait imminent. C'est désormais officiel : "Il est mis fin aux fonctions du président du Conseil d'administration de la SNPE exercées par Jacques Zyss", indique le compte-rendu du Conseil des ministres de mardi 18 novembre. Un mouvement qui cristallise l'accélération du dossier sensible de la privatisation de la SNPE vers un conglomérat chapeauté par Safran, souhaitée par le gouvernement. Jacques Zyss s'opposait au passage de la SNPE sous couleurs Safran, défendant un projet concurrent élargi au groupe européen de défense et d'aéronautique EADS.Déverrouillage législatif. Le projet de loi de programmation militaire 2009-2014 adopté le 29 octobre dernier par le gouvernement inscrit la SNPE, dont l'Etat est actionnaire à 99,97%, dans une liste des entreprises pouvant être privatisées. Objectif, selon le ministre de la Défense Hervé Morin : permettre "la réorganisation et la restructuration de cette entreprise absolument stratégique".
Une fois le verrou juridique éliminé, l'arrivée d'Antoine Gendry, successeur pressenti de Jacques Zyss, amorce la phase exécutive de la consolidation de la branche SME de la SNPE (propergoliste) et de la Snecma (motoriste). C'est-à-dire, d'un pôle français sous bannière Safran de moteurs-fusées à propergol solide pour missiles balistiques et lanceurs spatiaux Ariane. Un regroupement qui fait sens du point de vue technique, selon les ingénieurs des deux bords, et du point de vue financier pour l'heureux bénéficiaire Safran : la branche propulsion de la SNPE est génératrice de cash et de profit, contrairement à son pendant « chimie » et « poudres ».
Un nettoyeur aux commandes. Antoine Gendry a une réputation de redresseur d'entreprises, voire de « nettoyeur » selon des salariés de la SNPE, en pleine attente de précisions sur leur avenir. A cinquante-huit ans, cet énarque ancien directeur de cabinet du préfet de Seine-et-Marne dans les années 1970, passé ensuite par la Police nationale et le Trésor, a pris la responsabilité des affaires internationales du groupe textile DMC de 1984 à 1987. Après trois ans chez Scoa, il a intégré en 1991 Ciments Français, d'abord comme directeur financier puis directeur général adjoint jusqu'en 2001, puis a occupé la présidence des sociétés Nord Est, Ileos et Continentale d'Entreprises.
Car parmi les 3.600 salariés que compte la SNPE, ceux de la branche chimie, moins performante, attendent d'être fixés sur leur sort. Côté poudres et explosifs militaires, Eurenco, filiale à 60 % de SNPE, devrait passer sous le contrôle de Nexter, son principal commanditaire. Un vieux projet datant de 1999 nommé Herakles. Côté chimie fine, Isochem et de Bergerac Nitrocellulosesont sur la sellette. Selon Les Echos, deux banques - Rothschild et Lazard - se seraient déjà penchées sur leur situation.
A.L.
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