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Le gouvernement grec peaufine un accord sur le plan

Publié le

par Lefteris Papadimas et Ingrid Melander

ATHENES (Reuters) - Le gouvernement grec met la dernière main à un document qui présente les réformes exigées par ses bailleurs de fonds en échange du versement du deuxième plan d'aide de 130 milliards d'euros, a rapporté mardi un responsable gouvernemental grec.

"Le gouvernement grec travaille sur le document final qui sera discuté lors de la réunion des dirigeants politiques dans le courant de la journée", a déclaré ce responsable qui n'a pas souhaité être identifié.

Cette annonce est survenue alors que des milliers de personnes étaient rassemblées à Athènes pour protester contre les mesures d'austérité, dans le cadre d'une grève nationale.

Pour éviter de se retrouver en cessation de paiement à la fin mars, Athènes négocie depuis des mois avec la troïka (Fonds monétaire international, Union européenne et Banque centrale européenne) sur l'octroi de la deuxième tranche d'aide.

Les négociations entre le Premier ministre, Lucas Papadémos, et les bailleurs de fonds ont duré presque toute la nuit de lundi à mardi, jusqu'à 04h00 (02h00 GMT), au moment où débutaient les premiers débrayages dans les ports. "Aucun navire n'a quitté le port du Pirée ce matin, en raison de la grève des marins", a déclaré un porte-parole de la garde-côtes.

Le mouvement a été lancé à l'appel des principaux syndicats du pays, GSEE (privé) et Adedy (public), pour dénoncer une politique qui, disent-ils, menace d'entraîner le pays dans une spirale destructrice.

L'Acropole a été fermée aux touristes, les transports publics ont été perturbés aux heures de pointe, le personnel des hôpitaux est réduit au minimum. Enseignants, employés de banques ou de télécommunications ont prévu de se joindre au mouvement.

Des échauffourées ont éclaté place Syntagma entre la police et des manifestants qui tentaient de monter les marches menant au parlement en scandant: "Non aux conditions de travail médiévales, ne baissons pas la tête, résistons!".

La participation semblait un peu plus faible que lors de précédents rassemblements ces derniers mois, la pluie ayant apparemment eu raison de la volonté de certains protestataires.

"Ils (le gouvernement) ont été sauvés par la pluie. La météo n'a pas permis aux manifestants de descendre dans les rues et de montrer leur colère", a dit à Reuters Ilias Iliopoulos, secrétaire général du syndicat du secteur public, Adedy.

"TROUVER UNE SOLUTION"

Lucas Papadémos, un technocrate et ancien vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), doit maintenant convaincre les chefs des trois partis de la coalition hétéroclite qui le soutient - socialistes du Pasok, conservateurs de Nouvelle Démocratie et extrême droite du LAOS - d'accepter les conditions posées par l'UE et le FMI.

"Il faut trouver une solution aujourd'hui", a déclaré un responsable gouvernemental avant la réunion entre partis.

Le ministre grec des Finances, Evangelos Venizelos, a indiqué quant à lui que les discussions entre son gouvernement et la "troïka" des prêteurs - UE, FMI, BCE - étaient difficiles.

"Malheureusement, les négociations sont tellement difficiles que dès qu'un chapitre est clos, un autre s'ouvre", a-t-il dit lundi soir.

Mais mardi, de source proche des pourparlers on faisait état d'avancées dans les discussions. "Nos positions ne sont pas aussi éloignées qu'auparavant", dit-on, ajoutant que les deux parties travaillaient sur les contours du programme politique qu'Athènes devra appliquer pour accéder au deuxième plan d'aide.

Après des semaines de tractation, plusieurs questions majeures n'ont toujours pas été réglées.

COÛT DU TRAVAIL

La Grèce doit encore identifier 600 millions d'euros de mesures de réduction budgétaire pour l'année en cours, sur un total de 3,3 milliards, dit un responsable du gouvernement.

La troïka exige en outre que le coût du travail dans le secteur privé doit réduit d'environ un cinquième. Elle propose d'y parvenir en abaissant le salaire minimum de 20% - ce qui se répercuterait sur toute l'échelle salariale -, en supprimant les primes de congés payés ou certains accords salariaux de branche.

L'Europe souhaite que la nouvelle cure d'austérité soit acceptée par la coalition gouvernementale grecque et approuvée par la troïka avant le 15 février, le temps de régler ensuite les procédures techniques complexes impliquées par un accord entre Athènes et ses créanciers privés sur un échange de dette.

L'Europe espère éviter un défaut de paiement "désordonné" de la Grèce, qui doit rembourser en mars 14,5 milliards d'euros d'obligations arrivant à échéance.

Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a déclaré mardi qu'il n'avait aucun doute sur l'avenir de la Grèce dans la zone euro, à condition que le pays respecte ses obligations vis-à-vis des autres membres de la monnaie unique.

Avec le bureau d'Athènes, Jean-Stéphane Brosse, Jean Décotte et Marine Pennetier pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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