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Le gouvernement allemand n'aidera pas Opel.

Le 11 juin 2010 par Yann Le Houelleur
CONCEPT-FLEX-OPEL
© Opel
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Le constructeur américain ne pourra plus compter sur l’aide des autorités fédérales, comme l’a indiqué Rainer Brüderle, le ministre de l'Économie allemand. GM se tourne maintenant vers les «Länders» où trouvent les usines d’Opel.

Opel, la filiale allemande de General Motors, avait beau s’accrocher à l’espoir: le jeudi 10 juin, le gouvernement allemand a coupé court à toute éventualité d’aides fédérales pour aider le constructeur à se maintenir à flots.  «En tant que ministre de l’Economie, j’ai décidé de rejeter la demande», a tranché Rainer Brüderle. Il a nuancé de tels propos: «Je suis certain que même sans garanties, Opel a un bon avenir.»

Président d’Opel, Nick Reilly a fait part de sa «déception», affirmant ne pas comprendre les raisons d’un tel refus. Mais le gouvernement d’Angela Merkel pouvait-il céder aux appels au secours du constructeur américain alors qu’il vient de mettre en œuvre un plan de rigueur ?

 

GM BENEFICIAIRE AU PREMIER TRIMESTRE 2010

Car un autre élément pesait en la défaveur du tandem automobile: GM est revenu dans le vert au premier trimestre 2010, période pendant laquelle il a fait moisson de 865 millions de dollars, son premier bénéfice net depuis belle lurette. D’ailleurs, les autorités allemandes n’ont pas manqué de penser que si GM avait renoué avec la croissance, c’est parce que le gouvernement Obama lui avait accordé des prêts au plus fort de la tourmente, en 2008 et 2009.

Le plus incroyable est que Nick Reilly, le plus sereinement du monde, ait pu s’exclamer: «En théorie, GM serait à même de prendre en charge l’ensemble de la restructuration d’Opel.» La maison-mère, à Détroit, a déjà promis d’injecter 1,9 milliard d’euros dans ses filiales européennes. (Outre Opel, l’Américain administre Vauxhall en Grande-Bretagne.)


AUTRE SOLUTION: DES AIDES A LA RECHERCHE


Il s’avère compliqué de démêler les fils des d’aides publiques exigées par GM et Opel. En réalité, les dirigeants de ces constructeurs s’attendaient à voir tomber dans leur besace 1 milliard d’euros de garanties du gouvernement fédéral allemand, ainsi que 800 millions d’euros d’autres pays européens (Royaume-Uni, Suède, Espagne). Sans oublier les aides en provenance des Länders, les Etats allemands, qui pourraient s’élever à 500 millions d’euros. C’est vers ces gouvernements régionaux que se tournent maintenant GM et Opel. Et curieusement, la chancelière Merkel a souhaité que les quatre Länders concernés par les activités industrielles d’Opel, mettent eux-mêmes du carburant dans le moteur de cette entreprise. «Nous pensons qu’ils sont en mesure de fournir des garanties de crédit», a-t-elle estimé, imputant le refus de Berlin à une absence d'accord entre les conservateurs et les libéraux de sa coalition.

Pour sortir de cette impasse politique, la chancelière allemande a pointé du doigt une autre voie possible: l’octroi d’aides à la recherche et au développement : "mais je ne peux pas faire de promesses", a-t-elle dit lors d'une conférence de presse jeudi.

Dans ce brûlant dossier, Berlin risque de se mettre à dos les syndicats. Malgré la brutalité du plan de restructuration opérée par GM-Opel (une saignée de 3500 emplois rien qu’en Allemagne), les syndicalistes ont soutenu les dirigeants du duo automobile en quête de fonds publics. Le chef du comité d’entreprise d'Opel, Klaus Franz, a accusé le ministre de l’Economie d’avoir «laissé tomber les salariés d’Opel au milieu de l’orage, au détriment des intérêts de l’industrie allemande».

Opel emploie actuellement 25.000 personnes en Allemagne, ce qui représente la moitié de ses effectifs en Europe.

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