Le générique français vante sa compétitivité
Par Gaëlle Fleitour - Publié le
Selon une étude publiée par l'industrie du médicament générique, le prix de ses produits en France serait moins élevé que la moyenne européenne. Un constat destiné à rassurer l'Assurance Maladie et à favoriser le développement des génériques sans toucher à leur prix.
« Mais si, nos prix sont compétitifs ! « Ce mercredi 9 mars, les industriels du médicament générique (Gemme) se sont voulus rassurants en livrant l'étude qui leur était réclamée depuis de nombreux mois par les autorités publiques. En effet, avec un prix moyen par comprimé de 0,45 centimes d'euros, le prix des spécialités génériques en France est inférieur à la moyenne européenne.
Qui l'affirme ? C'est Philippe Février, directeur du Laboratoire d'Economie Industrielle du CREST, qui a mené une étude comparant, dans dix pays européens, les « prix fabricants hors taxe » de la majorité des génériques remboursables sur le marché français. Le prix moyen en France serait ainsi le 6e plus cher, voire 7e si l'on tient compte des différences de « coût de la vie » entre les pays. Les meilleurs élèves étant l'Italie, la Pologne et la Finlande.
Des marges comprises entre 0 et 4%
La conclusion de l'étude souligne la compétitivité et « les efforts réalisés par l'industrie du médicament générique pour accompagner le développement des volumes », se réjouit le Gemme. Avec une boîte de médicament vendue sur cinq, les génériques constituent aujourd'hui un marché de 2,7 milliards d'euros dans l'Hexagone. Ils permettraient de réaliser 1,7 milliard d'économies. Mais il reste des freins à leur développement.
Pas question en l'occurrence de toucher au prix. Car, en France, ces médicaments seraient déjà 55% moins chers que leurs princeps d'origine. Et l'industrie du générique ne compte pas grignoter sur ses marges, qui ne représenteraient déjà que 0 à 3-4% de son chiffre d'affaires, selon Pascal Brière, président du Gemme et du laboratoire Biogaran.
Les industriels militent donc en faveur d'autres leviers. Comme augmenter le taux de substitution (lorsque les pharmaciens proposent un générique au lieu d'un médicament princeps), qui est déjà de 74%. Mais surtout, favoriser la prescription par les médecins de produits disposant d'une alternative générique. Un point sur lequel les fabricants de génériques se disent démunis, face aux moyens débloqués par l'industrie pharmaceutique pour faire la promotion de ses médicaments. Le combat de David contre Goliath ?

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