Le gazoduc Nabucco victime du pétrole cher
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié leDeux fois plus cher que prévu. Le projet de gazoduc Nabucco, qui doit acheminer à partir de 2013 le gaz de la mer Caspienne vers l'Europe en évitant la Russie, et réduire ainsi la dépendance européenne au gaz, va coûter 7,9 milliards d'euros. Soit presque le double des 4,4 milliards d'investissement anticipés. La faute au pétrole cher, qui plombe le projet déjà freiné par des retards dans la construction et le financement. Une épine dans le pied du consortium allemand, autrichien, hongrois, roumain, bulgare et turc, sur fond d'enjeux géopolitiques lourds.
Gazprom en embuscade. Le géant russe de l'énergie Gazprom compte déjà deux pipelines pompant le gaz de la mer Caspienne, qui approvisionnent l'Europe. Or même si la rentabilité du projet Nabucco « ne sera pas affectée par la brusque hausse des coûts » selon le chef du consortium Reinhard Mitschek, rien ne garantit que ce dernier pourra se fournir en gaz auprès des pays bordant la mer Caspienne. Gazprom a tout intérêt à lui damer le pion. L'Azerbaïdjan est en particulier un partenaire stratégique dans ce dossier.
La semaine dernière, justement, une délégation de Gazprom s'est rendue en Azerbaïdjan pour sceller des contrats d'approvisionnement de gaz de long terme « aux prix du marché ». Rovnag Abdullayev, président de la compagnie pétrolière nationale azérie, avait affirmé que la République du Sud-Caucase étudiait de près l'offre de Gazprom, tout en réfléchissant aux propositions de Nabucco sur son projet de gazoduc trans-adriatique.
Ana Lutzky

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