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Le gaz, un marché croissant et déséquilibré

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Dans son panorama gazier 2011, le Cedigaz décrit un marché en croissance soutenue et durable et une disparité importante des prix dans le monde.

Au début de l’année 2011, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) annonçait un "âge d’or du gaz". Le Cedigaz (Centre International d'Information sur le Gaz naturel et tous Hydrocarbures Gazeux) confirme cette prédiction dans son panorama gazier 2011. Pour Olivier Appert, le Président d’honneur de Cedigaz, également président de l’IFPEN (Institut français du pétrole et des énergies renouvelables), "l’activité gazière est soutenue, suite à l’accident de Fukushima, par la demande de la Chine désireuse de diversifier son mix énergétique, la compétitivité des gaz non conventionnels et la maturité du gaz naturel liquéfié".

Durant l’année passée, la production de gaz dans le monde a cru de 3 % dans le monde, soit de plus de 100 milliards de mètres cubes. Mais cette hausse est très déséquilibrée.  L’Amérique du Nord a augmenté sa production de 5,5 %, la CEI (Communauté des Etats Indépendants)  de 4,6 % et le Moyen-Orient de 11 % sous l’impulsion du Qatar. En revanche, sous l’effet des printemps Arabe, principalement en Egypte et en Lybie, la production africaine a chuté de 5,8 %. Quant à l’Europe, la dégringolade s’établit à 9,4 % sous l’effet de l’épuisement des champs matures. La production norvégienne y est en recul pour la première fois.

Au cas par cas

Le cas des Etats-Unis est particulier, l’accroissement important de la production sert en particulier l’autoconsommation des américains. Le pays profite grâce à l’essor des gaz de schiste de prix extrêmement compétitifs. Le gaz y coûte 15 dollars/baril équivalent pétrole (bep), contre 78 dollars/bep en Europe et 110 dollars/bep en Asie. Cette compétitivité a permis de relocaliser de grands projets de chimie sur le territoire américain.

La Chine s’est lancée dans un grand projet de production de gaz de schiste. Le pays vise une production de 60 à 100 milliards de mètres cubes d’ici 2020, même si le potentiel du pays est incertain et qu’il risque d’être confronté à un manque de disponibilité de l’eau.

En Europe, la production massive qui est attendue en Pologne, en Allemagne et en Ecosse se fera à des prix supérieurs à ceux observés outre-Atlantique en raison notamment d’une exigence environnementale plus élevée. 

La France, qui posséderait les premières ou deuxièmes réserves de gaz de schiste en Europe avec  5 300 milliards de mètres cubes, a pour l’instant interdit l’utilisation de la fracturation hydraulique nécessaire à l’exploration et l’exploitation de cette ressource. Une commission d’étude doit être mise en place dans les mois qui viennent pour étudier la possibilité de réaliser des forages à vocation scientifique.

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1 réaction

Voltaire | 28/04/2012 - 15H58

Autrement dit, les écolos européens vont rendre le gaz de schiste plus cher et plus rare. Ceci, avec le pic de gaz. Décidément, l’Europe choisit une drôle de voie.

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