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Le futur TGV d'Alstom pris dans la tourmente argentine

14/05/2008
Les soupçons de corruption qui pèsent sur Alstom ne facilitent pas son projet de train à grande vitesse en Argentine. Un ex-député de l'opposition, Mario Cafiero, s'est engouffré dans la brèche et a déposé plainte contre le groupe pour réclamer une enquête pour des faits présumés de corruption, relevant que le groupe Alstom est déjà l'objet d'enquêtes en France et en Suisse pour le versement présumé de pots-de-vin pour l'attribution de contrats au Brésil, au Venezuela et en Asie.

En ligne de mire, prix fixé dans le contrat conclu entre le gouvernement argentin et le consortium Veloxia, dont fait partie Alstom, pour le projet de ligne à grande vitesse entre Buenos Aires et Cordoba, à 700 km. Ce contrat atteint près de quatre milliards de dollars quand Alstom avait évalué à quelque 1,35 milliard de dollars le coût de son projet en Argentine.

Reste que ce prix final dépend des conditions de financement de ce projet, assuré à 100% par la banque française Natixis, avec un remboursement étalé sur 30 ans dont sept ans à taux zéro en faveur du gouvernement argentin. Un délai qui pourrait expliquer ce décalage de montants.

Une épine dans le pied de Kirchner sur fond de grogne agroalimentaire.

Cette plainte intervient alors que le climat en Argentine est assombri par la grève des agriculteurs argentins. En cause : l'augmentation de la taxe à l'exportation de soja, principale richesse agricole du pays. Le gouvernement présidé par Cristina Kirchner, qui compte ainsi financer sa politique budgétaire, a décidé de l'augmenter de 25% en mars, la portant à 44% de la valeur de chaque tonne exportée. Soit  une rentrée fiscale non négligeable de 11 milliards de dollars.

 Le puissant secteur agroalimentaire, qui a tiré le pays de la crise et hissé l'Argentine au rang de premier exportateur mondial d'huile et de farine de soja (transgénique), ne l'entend pas de cette oreille. Il bloque les exportations de grains depuis sept jours. Les transactions quotidiennes de grains, qui portent normalement sur quelque 100.000 tonnes, sont tombées à 20.000 tonnes.

Ana Lutzky

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