Le FSI va se réformer pour se rapprocher des PME
Par Arnaud Dumas - Publié le
Il ne fête que ses trois ans. Mais le Fonds stratégique d’investissement (FSI) fait déjà l’objet d’une petite réforme par l’Etat.
Nicolas Sarkozy doit en effet présenter, à l’occasion d’un discours à l’Elysée aujourd’hui à 11h, un lifting du dispositif censé soutenir en fonds propres les entreprises françaises. Avec pour objectif d’améliorer la lisibilité du fonds auprès des PME, afin de faire remonter plus de dossiers de financement. Le président de la République devrait ainsi lancer un nouveau "FSI PME", doté de moyens supplémentaires, et d’une organisation en région permettant de remonter plus de dossiers, en faisant intervenir plusieurs acteurs tels qu’Oséo, la Banque de France ou encore les préfets.
Car aujourd’hui le FSI, qui dispose au total de 20 milliards d’euros de fonds propres, fait l’effet d’une véritable usine à gaz. Il a en effet hérité de participations dans le capital d’entreprises issues de la Caisse des dépôts, il finance ou cofinance plusieurs fonds sectoriels (Fonds bois, Fonds de consolidation et de développement des entreprises, Fonds de modernisation des équipementiers automobiles, etc.), et intervient en direct dans le capital des entreprises. Difficile de se retrouver dans la nébuleuse.
De même, il peine à se faire connaître auprès des entreprises en région, l’un de ses principaux défauts. Enfin, certains lui reprochent de ne pas financer suffisamment les PME. Selon la CGPME, son ticket moyen se situe aux alentours de 10 millions d’euros, ce qui le place de facto plus près des Entreprises de taille intermédiaire (ETI) que des PME. L’organisation patronale des petites et moyennes entreprises souhaiterait que le FSI propose des participations plutôt de l’ordre du million d’euros.
Mais même sur des tickets à 10 millions d’euro, il n’y a pas rush de candidats et ce n’est pas toujours de la faute du FSI. Selon Fabrice Brégier, le directeur général d’Airbus : "aujourd'hui, très peu de dossiers arrivent au FSI dans le secteur aéronautique. Il cherche pourtant à investir dans de petites structures. Mais les dirigeants de PME ne sont pas intéressés. Ils ne voient pas l'intérêt de réaliser des augmentations de capital car ils voient qu'ils ont 20 ans d'activité devant eux. Ce qu'ils ne comprennent pas c'est que dans les moments où ça va bien qu'il faut ouvrir son capital. Pas lorsqu’on est en position de faiblesse".
Et le patron de l’entreprise qui mène la filière de conclure : "Je sais que ce n'est pas facile pour un patron qui a créé sa boite de l’ouvrir et de travailler avec un conseil d'administration. Il n'a plus totalement les mains libres mais c'est indispensable."

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