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Le FSI devient le deuxième actionnaire de l’éditeur de logiciel Cylande

Par Morgane Remy - Publié le
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© Flickr/The Voyager

  Le Fonds stratégique d'investissement a participé à l'augmentation de capital de l'éditeur de logiciel Cylande. Dix millions d'euros investis pour aider la petite entreprise à devenir grande. Étude de cas d'un investissement de ce fonds stratégique.

Le Fonds stratégique d’investissement participe à la levée de capitaux de Cylande, un éditeur de logiciels spécialisés pour le commerce de détail et la grande distribution. Après les investissements dans Cegedim et Avanquest, il s’agit du troisième investissement du FSI dans le secteur des éditeurs de logiciels. Le FSI investira 10 millions d’euros sur une augmentation de capital totale de 12 millions organisée par le groupe. Le FSI devient ainsi le deuxième actionnaire de Cylande, aux côtés des dirigeant actionnaires et des fonds d’investissement Siparec, Naxicap et UFG.

Cylande

Cylande est un des leaders français dans l’édition d’applications métiers pour le commerce de détail, avec un portefeuille d’environ 150 clients parmi lesquelles les plus grandes enseignes françaises. Le groupe a connu une croissance forte de ses activités depuis 5 ans, par croissance organique et par acquisitions, et bénéficie d’une forte notoriété sur son marché. Présente dans 20 000 magasins et 56 pays, le groupe Cylande est basé dans le Nord de la France et emploie environ 430 personnes. Cylande a réalisé un chiffre d'affaires consolidé de 35 millions d’euros en 2009.


«  L’augmentation de capital servira à accompagner la croissance organique de nos client et à atteindre une taille critique sur le marché », explique Bernard Tierny, le directeur développement et des ressources humaines de Cylande. L’éditeur de logiciel pour le monde de la distribution a réussi jusqu’à maintenant à grandir en même temps que ses clients. «  Certains de nos clients passent de 15 à 1 000 magasins. Aujourd’hui, plus que jamais, nous avons besoins d’investir en recherche et développement pour accompagner ce changement.   En ce moment, nos clients vont beaucoup vers les pays de l’est. Les accompagner permet de mettre un pied dans la porte et de pénétrer sur le marché », explique Bernard Tierny. Car conduire ce changement permet à Cylande de s’implanter dans d’autres pays. Cette stratégie avait déjà fonctionné pour le marché chinois. L’éditeur de logiciel y a accompagné  son client Beaumanoir, propriétaire de l’enseigne de distribution de vêtements Cache Cache. Depuis, il a ouvert une filière à Shanghai et collabore directement avec des enseignes locales.
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La capacité de Cylande à se développer à l’international, notamment en Europe de l’est, au Moyen-Orient et en Asie a convaincu le FSI à s’investir auprès de cette entreprise. «  Le développement à l’international, la volonté de faire de la recherche et développement, et des acquisitions à l’international sont des critères qui sont pris privilégié par le FSI quand il s’agit d’investir », explique Marc Julien, directeur d’investissement au FSI qui a suivi le dossier. Et en effet, les fonds levés par Cylande serviront à renforcer le programme de recherche et développement, qui représente déjà 20% du chiffre d’affaires de l'éditeur. Pour mettre en œuvre ces évolutions, Cylande souhaite renforcer l’équipe, notamment pour adapter les logiciels à des structures de plus en plus grandes. Un des objectifs de cette augmentation de capital est de se donner les moyens de passer de 450 employés à 1 000. Enfin, ce capital sera aussi utilisé à des rachats de petites PME. Cette stratégie d’acquisition permettra à Cylande d’atteindre une taille critique à l’export.

«  Le FSI est là pour mettre en place le leader de demain. Il aide les entreprises légitimes sur le marché à passer une taille critique. Car il est difficile pour une PME de passer le cap de l’ETI puis de devenir un grand groupe », analyse Bernard Tierny. Marc Julien confirme : «  Nous allons donner le coup de pouce dont Cylande a besoin car c’est une entreprise qui sait exporter le savoir-faire français hors de nos frontières. » Cependant, le FSI n’apporte pas de subvention. «  Le FSI investit l'argent des citoyens. Nous nous devons donc nous comporter en investisseur avisé et nous assurer qu'il soit aussi créateur de valeur, à la fois pour l'entreprise, et pour l'actionnaire», précise Marc Julien. Cependant, quand la question du retour sur investissement est posé, la réponse est : «  On ne communique pas ce chiffre. »

L’investissement du FSI doit s’aligner sur ce qu’aurait pu demander un investisseur concurrent afin d’éviter une condamnation de Bruxelles concernant des pratique anticoncurrentiels. Afin d’invalider cette accusation, le FSI n’est jamais seul à investir. «  La valorisation des entreprise est partagée avec des acteurs privés. Les exigences sont les même pour tous les nouveaux actionnaires privés », affirme le directeur d’investissement au FSI. La vraie valeur ajoutée de l’entrée du FSI au capital d’une entreprise est la stabilité. Il s’agit d’un véritable confort pour l’entreprise qui peut investir en ayant la garantie d’être accompagnée pendant une période établie dès l’entrée au capital, avec si besoin des réinvestissements. Dans le cas de Cylande, le FSI a déjà prévu de réinvestir 2 millions en cas de besoin d’acquisitions stratégiques.

Morgane Remy

La mise en relation entre Cylande et le FSI

Pour Bernard Tierny, le directeur développement et des ressources humaines de Cylande, «  le FSI a eu connaissance de Cylande par experts financiers interposés ». Le réseau aurait mis en contact le nouvelle actionnaire et l’éditeur de logiciel. La version du FSI est tout autre : «  Cylande est venu nous voir. Ils ont su que nous cherchions à investir dans le secteur de logiciel car nous avons communiqué cette volonté à l’Association français des éditeurs de logiciels (AFDEL) », affirme Marc Julien, directeur d’investissement au FSI.

Après cette prise de contact, place à l’analyse de la société. «  Cylande a été a été audité. Puis s’est ouvert les négociations sur les moyens engagés. Les sommes à investir ont été définies au cours de ces discussions», explique Bernard Tierny. Sur l’audit, la version du FSI est la même. L’audit est financier, juridique (gérés en externe) et stratégique. Ensuite le procédé est le même que pour n’importe quel fonds d’investissement.

«  On évalue si la demande de fonds est en adéquation avec les objectifs », explique Marc Julien. Marc Julien explique que le«  dossier est étudié en interne puis validé par le directeur général du FSI quand il s’agit d’un investissement de moins de 25 millions d’euros, comme c’est le cas ici avec Cylande ». Un processus plus unilatéral que ne semble le présenter Bernard Tierny qui parle Bernard Tierny parle de «  négociations sur les moyens à investir », et de «  discussions sur la somme que le FSI souhaite engager ».


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