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Le francilien Ixmeca oublié de tous

Par Hassan Meddah - Publié le

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Ixmeca pourrait bien être rayé de la carte des fournisseurs aéronautiques ces jours-ci. En jeu ? 350 salariés. Pourtant, cette PME basée à Bois-d’Arcy, dans les Yvelines, en liquidation depuis trois mois, possède des compétences technologiques au moins aussi élevées sinon supérieures à celle d’Heuliez.

Avec un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros, Ixmeca fournit des pièces exclusives pour les trains d’atterrissage du Rafale, les moteurs d’Ariane ainsi que des composants des radars de Thales. Mais les repreneurs ne se bousculent pas. Le sous-traitant paie ainsi cher ses erreurs du passé. Il a cumulé près de 12 millions d’euros de pertes ces deux dernières années.

Issu du rachat en 2007 du groupe Dion par d’IxAero Industries et son propriété Hervé Ardity, cette opération qui avait conduit à l’éviction de la famille Dion du management ne s’est sans doute pas passé de la meilleure manière.

Aujourd’hui, que l’entreprise cherche un sauveur « la plupart de nos grands clients ne s’engagent pas. Cela donne l’impression aux repreneurs potentiels d’acheter une coquille vide », regrette la présidente de la société Séverine Fletcher-Colombel. Les donneurs d’ordres ont déjà identifié ou sélectionné des fournisseurs alternatifs pour éviter la rupture de stock. Ce que confirme Thales, qui pèse environ 15 % du chiffre d’affaires d’Ixmeca : « Compte tenu des difficultés récurrentes avec ce fournisseur, Thales a décidé de sécuriser ses approvisionnements ».

Cette histoire illustre l’absence chez les donneurs d’ordre d’outils d’alerte pour suivre la santé de leurs petits sous-traitants. « C’est arrivé de manière brutale sans signe avant coureur », plaide Safran, principal client d’Ixmeca. Pourtant les difficultés remonteraient à 2006 selon d’autres clients. La vigilance des grands groupes tend à s’arrêter à leurs fournisseurs de rang 1. Et puis ils ont parfois du mal à parler d’une seule voix. Ixmeca en a frais les frais l’an dernier. « Au siège de Safran, leurs équipes venaient de m’assurer de leur soutien quand j’ai appris que sa filiale Hispano Suiza venait de nous retirer un gros contrat », regrette la présidente.

Hassan Meddah
 

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