LE FONDS STRATÉGIQUE D'INVESTISSEMENT... VOUS CONNAISSEZ ?
Par S. D. - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3246Très complexe », « architecture byzantine », « positionnement à clarifier »... Jean-Pierre Fourcade, sénateur UMP, n'est pas tendre avec le Fonds stratégique d'investissement (FSI), dans son rapport adopté début juin par la commission des finances de la Haute Assemblée. Deux ans et demi après sa création, le fonds n'a pas encore surmonté ses défauts de jeunesse. Même si ses équipes ont déjà investi en direct dans 42 entreprises et dans plus de 760 PME via les différents fonds abondés, le FSI manque toujours d'une stratégie lisible. « Entre Oséo et le grand emprunt, le FSI n'a pas de visibilité auprès des chefs d'entreprises en région », regrette Jean-Pierre Fourcade. Un défaut qui pourrait - en partie - expliquer que le FSI n'est plus beaucoup sollicité par les entreprises mais doit désormais chercher lui-même les dossiers à soutenir.
Tiraillé entre ses deux actionnaires, la Caisse des dépôts et l'État, le FSI s'est éparpillé. Aux investissements en direct dans des pépites nationales s'ajoutent les interventions à travers des fonds sectoriels : équipementiers de rang 1 et 2 (FMEA), Fonds bois, Fonds biotech... Le dispositif est devenu quasi incompréhensible. Car chacun suit sa doctrine d'investissement et les résultats sont disparates. Si le FMEA a prouvé son efficacité, lcelui du bois peine à restructurer sa filière.
La solution ? Pour améliorer sa notoriété, le FSI s'est offert une pleine page de publicité dans des quotidiens. Les sénateurs eux, préconisent plutôt d'arrêter de créer de nouveaux sous-fonds et de renforcer sa visibilité en région. Un conseil pour rien ? Le ministre de l'Industrie, Éric Besson, a annoncé la semaine dernière réfléchir à la création de nouveaux fonds sectoriels. Pas sûr que cela contribue à clarifier son rôle. Malgré ses 20 milliards d'euros de fonds propres (dont 14 sous forme de participations) le FSI n'a pourtant pas les moyens de se disperser. Déjà, 3,8 milliards d'euros ont été investis. Pour maintenir le rythme, fin 2012, il devra commencer à faire tourner ses participations.
Investissements directs 2,4 milliards d'euros dans 42 entreprises, cotées ou non. Dernier en date : 18 millions d'euros dans Ercom, un spécialiste des réseaux G4G. Fonds sectoriels 418 millions d'euros ont été injectés dans 86 entreprises. Le FMEA, à lui seul, a investi 300 millions dans 20 équipementiers automobiles. Fonds de fonds 1 milliard d'euros ont transité via les fonds de France Investissement dans 670 entreprises.

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