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Le fondateur de Jallatte s'est donné la mort

Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le

Désespéré par le plan de délocalisation qui menaçait sa société, le fondateur de l'entreprise Jallatte, numéro un européen de la chaussure de sécurité, Pierre Jallatte s'est suicidé vendredi à l'âge de 88 ans.

Dans le village de Saint-Hippolyte-du-Fort, berceau de la société, les salariés ont rendu hommage à leur ancien patron, « un homme droit », un drap noir a été accroché à l'entrée de l'usine. « Il disait : "Je partirai avant de voir mourir mon entreprise ". Ce sont les actionnaires qui l'ont tué », affirme un des employés, ancien chauffeur de Pierre Jallatte. « C'était un patron  à grande gueule mais à grand cœur, pas un financier comme il y en a maintenant », reprend Jean-François Anton, syndicaliste CGT. 
 
Le groupe italien Jal, qui contrôle Jallatte, avait annoncé le 30 mai la délocalisation de l'ensemble de la production française vers la Tunisie (Quotidien des Usines du 31/05/2007). Le projet prévoyait la suppression de 285 emplois sur les 336 du groupe, implanté à Saint-Hippolyte-du-Fort et Alès (Gard).

Ironie du sort, quelques heures avant que Pierre Jallatte ne se donne la mort, une réunion de la dernière chance, organisée à la préfecture du Gard entre la direction du groupe Jal et les syndicats, a permis d'aboutir à un accord.

Le plan de délocalisation a été suspendu jusqu'au 18 juin, un plan alternatif devrait être présenté d'ici là par Joël Aunos, le directeur général France de Jallatte, « afin de conserver une production viable sur les sites gardois », selon Christian Dubois, syndicaliste CGT. 


Dans les années 50, Pierre Jallatte avait été le premier à produire des chaussures de sécurité en France. La petite entreprise de galoches qu'il avait repris en 1947 à Saint-Hippolyte-du-Fort (Gard) est devenue dans les années 80 une société de près de 900 employés. Reprise par un fonds d'investissement, elle a été intégrée au groupe italien Jal, racheté en 2005 par un consortium de banques anglo-américaines mené par Bank of America et Goldman Sachs.

Solène Davesne

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