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Le ferroviaire favori

Par DE NOTRE CORRESPONDANTE, GENEVIÈVE HERMANN - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2972

La région se distingue par la synergie qui existe entre les industriels et les institutionnels. Sur les huit dossiers déposés, celui du ferroviaire reste privilégié.

La présence de grands donneurs d'ordres comme Alstom, Bombardier et Arbel Fauvet Rail, une centaine d'équipementiers et sous-traitants, une vingtaine d'organismes de recherche et de plus de 10 000 salariés travaillant dans le secteur ferroviaire... Le projet i-Trans qui place « le ferroviaire au coeur des systèmes de transport innovants » est considéré comme le dossier de candida-ture ayant le plus d'atouts. Avec plus d'un tiers des effectifs nationaux du secteur, le Nord-Pas-de-Calais est la première région ferroviaire française. C'est dans le Valenciennois qu'ont été initiés le TER, le Val et le TER-GV. Dans le Nord également se trouvent l'organisme national de certification de matériel ferroviaire Certifer, l'Inrets et l'Agence ferroviaire européenne. La synergie entre constructeurs et sous-traitants avait déjà été initiée par l'Association des industries ferroviaires Nord-Pas-de-Calais).

Le projet i-Trans dynamise encore davantage la région. « Le secteur est confronté à la concurrence des pays low-cost. Si nous voulons rester dans la course en tant qu'équipementier, il nous faut innover pour concevoir des ensembles complets à livrer en juste-à-temps. Le pôle de compétitivité nous y aiderait. Parmi les sous-traitants actuels, plusieurs pourraient évoluer et passer dans le rangs des équipementiers », souligne Guy Leblon, directeur général de Stratiforme Industrie. Cette entreprise, spécialisée dans la fabrication de pièces en composite dont la moitié est livrée hors de France, vient de recruter un docteur ingénieur pour compléter son équipe de R & D.

La labellisation de ce pôle donnerait un sérieux coup de pouce aux investissements dédiés à l'agrandissement de la boucle ferroviaire de Petite-Forêt. Qui pourrait ainsi devenir rapidement le plus grand centre d'essais européen capable d'accueillir des trains circulant à 200 km/h. Pour le plus grand profit des industriels français.

Ambitions aussi pour la filière halieutique de Boulogne-sur-Mer. Le projet générerait plus d'une vingtaine de programmes de recherche et créerait dans les cinq ans à venir plus de 800 emplois. Soutenu par l'ensemble du secteur au niveau national, il présente la visibilité internationale dont doivent se prévaloir les pôles de compétitivité pour espérer être labellisés. Avec la présence de 33 filiales de groupes étrangers, Boulogne-sur-Mer est en effet le premier port européen de commercialisation et de transformation des produits de la mer. Capture, négoce, transformation et logistique des produits aquatiques mobilisent sur place plus de 160 entreprises employant près de 5 000 salariés. Il s'agit pour l'essentiel de sites de petite taille mais qui se distinguent par leur dynamisme. Pour preuve les investissements lancés par Delpierre Mer et Tradition ou par Unima.

S'agissant du textile, tous les espoirs sont également permis. Le projet de pôle, baptisé Uptex (Union Pôle Textile) et axé sur les textiles innovants - en particulier sur la problématique des matériaux, de la transversalité et de la customisation -, mobilise plus de 300 entreprises. En première ligne, les fabricants de textiles techniques, organisés au sein de l'association Clubtex, qui peuvent se prévaloir d'un marché en croissance (5 à 7 % par an). Ils ont une carte à jouer. Tissavel, entreprise spécialisée dans la fabrication de fourrures synthétiques tissées a ainsi récemment acheté son concurrent allemand Girmes. Pour Jean-Marc Vienot, son P-DG, « la labellisation ouvrira de nouvelles voies à l'international ». Elle aiderait également à la création sur la métropole lilloise d'une zone d'activité dédiée au secteur, avec la présence d'un centre européen des textiles innovants.

Le projet biosanté en outsider

Parmi les outsiders, le dossier nutrition santé longévité. Le pôle Eurasanté et vingt entreprises, dont des industriels internationaux de renom comme Lesaffre, Roquette, Bonduelle et Leroux, y sont impliqués. « Le domaine de la nutrition et de la santé est en croissance dans un contexte de forte compétition mondiale, analyse Antoine Baule, membre du comité exécutif du groupe Lesaffre. Les Etats-Unis et le Japon l'ont compris et créent les conditions régle-mentaires favorables à l'essor de cette activité. L'enjeu est important pour le marché des compléments nutritionnels, des aliments fonctionnels et de leurs ingrédients. » Trente-neuf programmes ont été identifiés. Ils représentent un coût de 95 millions d'euros, dont 61 d'apports privés.

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