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[Industry story] Le fabricant d'optimisme

Guillaume Dessaix ,

Publié le

Le patron de Fiat France, enlevé et condamné à mort par ses ravisseurs.

Ce matin du 19 mai 1977, Maria-Elda Revelli-Beaumont ne veut pas regarder la photo. Elle a peur de le voir, de ne pas le reconnaître. Le cliché fait la une des journaux, qui rappellent les faits. Le 13 avril, vers 21 h 15, Luchino Revelli-Beaumont rentrait chez lui. Deux hommes ont surgi, arme au poing, et ont propulsé le patron de Fiat France dans une R 12. Le chauffeur a résisté, pris des coups mais a échappé aux malfrats. Il est monté au quatrième étage du 183 rue de la Pompe, à Paris. En sang, il a annoncé à madame que monsieur venait de se faire enlever. Deux heures plus tard, coup de fil : "Chasse d’eau, Trocadéro". Paolo comprend qu’il doit récupérer le corps de son père dans les fontaines du palais de Chaillot.

Mais pas de cadavre. Il s’agissait simplement d’un message caché dans les toilettes du café Trocadéro. Le groupe de malfaiteurs, qui se dit révolutionnaire, exige 30 millions de dollars. Une somme colossale. À tel point que la famille est persuadée que le groupe italien est la cible réelle. Les jours passent. Luchino s’est fait une raison, il est prêt à mourir. Condamné à mort par un "tribunal de travailleurs", l’ambassadeur des affaires étrangères de Fiat est contraint de raconter dans le détail les pratiques de corruption du groupe. Début juin, Maria-Elda s’envole pour Turin, décidée à convaincre Giovanni Agnelli de payer la rançon. Grand patron, mais aussi ami de la famille. Pourtant, l’Avvocato refuse. La firme apporte son soutien, mais ne paie pas. L’État français se fait discret. Le 8 juin, Maria-Elda organise une conférence de presse à son domicile. Elle dénonce, supplie : "Devant la position adoptée par la direction de la société qui emploie mon mari, nous nous trouvons seuls face aux exigences des ravisseurs."

Fin juin, une rançon de 2 millions de dollars est payée. Une mallette noire remise sur le pont de la Machine, à Genève, par un avocat mandaté par Fiat, expliquera Paolo. Le 11 juillet, après 89 jours, Luchino retrouve femme et enfants. Mais pas le groupe. Un comité de psychiatres le déclare "invalide mental à 100 %". Retraite forcée. Fiat refuse même de payer ses frais de santé.

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