Le drone de Dassault et BAE s'appellera Telemos
Par Guillaume Lecompte-Boinet - Publié le
L'avionneur français Dassault Aviation et le groupe britannique de défense BAE Systems réclament une décision rapide de la France et la Grande-Bretagne pour le lancement de leur drone. Le concept de l'engin a été défini, jusqu'au nom retenu : Telemos.
C'est le nom grec d'un cyclope qui non seulement voit loin, mais devine le danger et avertit les autre cyclopes. "Le choix de ce nom pour notre drone est symbolique du fait que ce vecteur doit répondre aux besoins de nos armées en matière d'anticipation", explique Eric Trappier, directeur général International de Dassault Aviation.
En mars 2011, Eric Trappier avait signé un accord avec l'anglais BAE Systems pour développer en commun un système de drone destiné à des missions de longue endurance (MALE). L'entrée en service de Telemos est "techniquement possible en 2016 si une décision de lancement est prise par la France et le Royaume-Uni d'ici la fin de cette année", ajoute le dirigeant de Dassault.
D'une masse totale au décollage de 8 tonnes, Telemos sera équipé du dernier cri en matière de capteurs et d'électronique. Il pourrait même embarquer des armements du type bombe à guidage laser GBU ou missile AASM si Français et Britanniques le souhaitent.
Talarion, le projet concurrent
Le partage industriel défini par les deux constructeurs donne à BAE la maîtrise d'œuvre générale de l'avion et son intégration. Tandis que Dassault aura la responsabilité des systèmes. Les deux industriels veulent maintenant choisir des motoristes, Rolls Royce et Safran de préférence, et des électroniciens, Thales et Selex étant favoris.
Il reste toutefois à valider l'essentiel : une décision gouvernementale. Le programme Telemos coûterait en effet 1 milliard d'euros, pour le développement complet et la fabrication d'un premier prototype. Compte tenu des restrictions budgétaires actuelles, rien n'est moins sûr.
D'autant qu'un projet concurrent, le Talarion d'EADS, mais plus cher, est proposé à la France pour 2015-2016. Et que Paris envisage d'acheter dès à présent sur étagère des drones américains Predator. "Nos gouvernements respectifs ne doivent pas trop tarder à prendre une décision", lancent Eric Trappier et Peter Richardson, de BAE.

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