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Le drôle de chemin du Congo

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Le drôle de chemin du Congo © Pascal Guittet

Un immense pont rail-route sur le Congo, là même où ce fleuve mythique sépare deux capitales, Kinshasa et Brazzaville : ce rêve un peu fou est l’un des projets évoqués par l’inoxydable Denis Sassou-Nguesso, le président de la République du Congo (RC), au Build Africa Forum. Ce colloque international sur le thème lancinant des infrastructures en Afrique s’est tenu les 6 et 7 février, à Brazzaville. En fait, ce pont, dans les cartons depuis un demi-siècle, ne sera pas réalisé au mieux avant dix ans. Pour un coût d’au moins 2 milliards de dollars, en partie sur financement international.

Qu’importe, c’est l’un des projets phares de Chemin d’avenir. Le nom du plan de développement concocté par "Sassou" pour la RC, grande comme l’Allemagne, avec seulement 4,5 millions d’habitants. Un pays qui, en dépit de ses revenus pétroliers, compte toujours parmi les plus pauvres du monde, mais qui devrait connaître 4,8% de croissance cette année et 7,7% en 2015. Des projets d’infrastructure, ce président de 70 ans, au passé agité, et que beaucoup voient candidat à la présidentielle de 2016, en a plein les cartons. La semaine dernière, la presse faisait ses gros titres sur l’actualité du chef de l’État à "Brazza" : inauguration du module 2 de l’aéroport Maya-Maya, pose de la première pierre du "village olympique" pour les Jeux africains de 2015.

Dans le Chemin d’avenir, on trouve aussi un port minéralier à Pointe-Noire, la capitale pétrolière et économique du pays, des projets routiers et ferroviaires à foison, trois "zones économiques spéciales" destinées à attirer les investisseurs. À Pointe-Noire toujours, Bolloré achève le nouveau port à conteneurs d’une capacité de 1,3 million de "boîtes". Pourtant, à la différence de bien des mégapoles asiatiques survoltées, Brazzaville, sous sa moiteur équatoriale, affiche la tranquillité d’une ville de province. Ici, pas de forêt de grues à chaque carrefour. Peut-être la croissance est-elle trop récente : le boom pétrolier, qui a fait tripler le PIB à 12 milliards de dollars, ne remonte qu’à dix ans, après la guerre civile.

Ce qui est sûr, c’est que la RC aligne les mauvaises notes en matière de gestion. Dans le classement Doing Business sur le climat des affaires, elle arrive 185e sur 189 pays ! La corruption y est endémique. Le FMI ne manque pas d’étriller sa gouvernance. "Faire du business ici est un combat quotidien", confie un homme d’affaires européen. Les Chinois ne s’en offusquent guère : ils construisent presque toutes les infrastructures, si prometteuses. Denis Sassou-Nguesso a d’ailleurs réclamé une mobilisation internationale pour les infrastructures de son pays et de l’Afrique.

Pierre-Olivier Rouaud

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