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Le dossier Repsol met à mal les relations entre Espagne et Argentine

Par  - Mis à jour le 17 avril 2012, à 17h11 - Publié le
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Rien ne va plus entre les deux pays. Suite à la décision d’expropriation d’YPF par l’Argentine, le dossier est remonté au plus haut sommet de l’Europe.

En effet, dans la matinée ce 17 avril, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, s’est dit extrêmement déçu par cette position  de l’Argentine. "Je suis extrêmement déçu par la décision d'hier. Nous espérions que les autorités argentines attendraient avant de prendre une décision, a-t-il expliqué. J'ai été en contact avec le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy à ce sujet".

Cette annonce fait suite à de premières mises en garde la semaine dernière de la part de Bruxelles. En effet, la Commission européenne avait appelé l’Etat argentin à protéger les investissements étrangers sur son sol. L’exécutif européen avait alors appelé les deux parties à trouver une solution qui n’affecte pas les relations entre les deux pays.

Même le FMI a déploré dans la journée du 17 avril que l'Argentine soit imprévisible. "Je pense qu'il y a eu une certaine détérioration du climat pour les investisseurs en Argentine ces quelques dernières années, a affirmé lors d'une conférence de presse à Washington Thomas Helbling, un économiste du FMI interrogé sur cette décision de l'Argentine. C'est déjà inclus dans nos prévisions".

En Espagne, après avoir réagi dès lundi soir, le gouvernement a multiplié les déclarations ce mardi. Le ministre de l’Industrie José Manuel Soria confirme que "le gouvernement pourrait prendre des mesures fortes qui concerneraient tant le domaine diplomatique qu’industriel et énergétique".

Compensation

De son côté, le groupe pétrolier espagnol annonce ce 17 avril qu’il va demander une compensation via un arbitrage international. Une indemnisation qui pourrait dépasser les 10 milliards de dollars, soit égale à la valeur de sa part dans YPF de 57,4%.

Le patron du groupe, Antonio Brufau, a en effet considéré que la décision d’expropriation de sa filiale ne serait pas un acte qui resterait impuni. "Repsol lancera toutes les actions légales qui sont à sa portée, a déclaré le président de l'entreprise. L'éventail est large. Tout Etat a le droit d'exproprier, mais il faut aussi payer".

Le groupe se justifie même suite aux accusations de l’Argentine de ne pas avoir investi assez dans YPF. Le patron du groupe signale que depuis l’achat de la filiale en 1999, ce sont 20 milliards de dollars d’investissements qui ont été versés, en plus des 15 milliards de dollars lors de l’achat.

"Cacher la crise"

Il met en cause la présidente argentine Cristina Kirchner qui a pris une décision visant à cacher la crise économique et sociale actuelle en Argentine. Il accuse notamment ses décisions dans le cadre de la politique énergétique du pays et dénonce une campagne de harcèlement menée ces dernières semaines.

La présidente argentine a annoncé le 16 avril l’expropriation partielle de la compagnie pétrolière YPF contrôlée à 57,4% par Repsol, dont l’Etat argentin et les provinces détiendront désormais 51%.

Ce mardi, le titre du groupe était en chute de plus de 6% à la Bourse de Madrid. Le groupe peut déposer cette demande auprès de deux tribunaux, le Cirdi, qui dépende de la Banque mondiale et l’Uncitral, une commission des Nations Unies.

Dans ce contexte, l'agence d'évaluation financière Fitch Ratings a décidé de placer le groupe pétrolier hispano-argentin Repsol YPF sous surveillance négative. Une décision qui "reflète l'incertitude quant aux implications financières de l'expropriation d'YPF" et des éventuelles indemnisations que Repsol pourrait recevoir. L'agence note le groupe "BBB", mais pourrait abaisser cette note de deux crans.

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