Le design est bon aussi pour les brevets
Par Aurélie Barbaux - Publié le
L'INPI avec l'APCI ont mené une première étude sur les relations entre design et brevets. Bilan : les liens entre innovation technologique et création sont plus étroits que prévus.
Preuve que le designer ne s’occupe pas que de forme, 20% des agences de design ont déjà déposé un brevet. Plus encore, 63% des entreprises habituées au design ont des designers impliqués dans un dépôt de brevet. Et ce d’autant plus que le designer est intégré à l’entreprise. Pour la moitié, le designer intégré a même un rôle déterminant dans les brevets -produits- déposés.
Ces constats sont issus de la première étude réalisée sur les relations entre designer et propriété industrielle. Intitulée « Design & brevet : quand l’innovation passe par le design », elle a été conduite en 2010 par le Cabinet Quam Conseil pour l’INPI (Institut national de la propriété industrielle) et l’APCI (Agence pour la création industrielle). 167 agences françaises de design et une cinquantaine d’entreprises repérées dans les entreprises lauréates de l’Observeur du design ont participé à l'étude.
De fait, « en s’interrogeant sur l’usage, le travail des designers met en évidence des solutions ou fonctionnalités nouvelles, que les ingénieurs vont ensuite chercher à concrétiser », commente Antoine Barthélemy, consultant de Quam Conseil. Et plus le designer intervient en amont du projet, plus il impactera l’architecture d’un nouveau produit. Indirectement, les ingénieurs sont aussi poussés par les designers à explorer de nouvelles voies technologiques pour répondre aux choix des designers. « Le design peut aussi servir à valoriser une innovation technologique ».
Mais la relation n’est pas toujours idyllique. Le rapport de force agence-design se traduit souvent pas un abandon des droits de la propriété industrielle au profit de l’entreprise, qui ne valorisera pas forcément le designer dans les dépôts du brevet. Autre revers : « Le design se fait de moins en moins sur des objets physiques, mais sur des interfaces. C’est là, qu’il y a un champ d’innovation important. Mais les designers ne savent pas ce qui peut relever d’un brevet ou pas », observe encore le consultant de Quam Conseil.
Et oui ! Le problème du brevet logiciel, n’est toujours pas réglé.

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