Le dernier V6 français
Par Thibaut de Jaegher - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3265
"Bon sang, Marty ! Nous avons un problème. Le fabricant du moteur de notre voiture spatio-temporelle arrête sa production. Comment allons-nous revenir dans le passé ?" Le doc du film culte "Retour vers le futur" peut se lamenter. La belle mécanique de sa DeLorean, un V6 français, tire sa révérence après 37 années de bons et loyaux services.
Dans l'usine de la Française de mécanique, on a assemblé mi-novembre le dernier exemplaire de ce moteur essence vendu à 1,2 million d'unités. Baptisé PRV, des initiales de ces géniteurs (Peugeot, Renault et Volvo), il fut monté la première fois sur la berline 264 de la marque suédoise en 1974. Puis sur 44 modèles de onze constructeurs. Renault Espace III, R25, Peugeot 605 puis 607, Citroën XM ou C8, il a servi de moteur au haut-de-gamme français pendant des années.
Des marques sportives comme Alpine ou Venturi l'ont adopté pour équiper leur coupé. Ces dernières années, il avait continué sa carrière en Chine, notamment pour propulser les Citroën C5. Pour l'Europe, il consommait trop. Conçu en aluminium, on peut dire que le PRV a tenté toute sa carrière de gommer son péché de jeunesse : la gourmandise.
Le design de ce moteur (un généreux V8 au départ) sera revu suite au choc pétrolier de 1973 pour être amputé de deux cylindres. Mais l'opération ne suffira pas à le rendre vertueux.
Pour les puristes, il restera un moteur bancal. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'a pas de partisans comme le prouvent les sites internet érigés à sa gloire. Et s'il n'a plus d'avenir aujourd'hui, ce n'est pas à cause de ce handicap mais bien parce qu'il est dépassé par la nouvelle mode de l'automobile : la réduction de cylindrée.
Aujourd'hui, la gourmandise commence dès que l'on affiche 4 cylindres...

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