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Quotidien des Usines

Le député Lassalle en grève de la faim pour éviter « la délocalisation » de Toyal Europe

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Publié le

C'est une première : un député entame une grève de la faim à l'Assemblée Nationale. Jean Lassalle, député maire (UDF) de Lourdios Ichère et vice président du Conseil Général des Pyrénées Atlantiques, s'est lancé mardi, dans cette nouvelle initiative pour protester contre « la délocalisation » de Toyal Europe. L'usine, implantée à Accous dans la vallée d'Aspe, emploie 140 salariés dans la réalisation de pigments d'aluminium, dédiés aux peintures métalliques des automobiles.

Cela fait trois ans que le bouillant député sensibilise syndicats, patronats et ministres. Le problème est simple. L'usine de Toyal Europe, détenue par le japonais Toyo, veut procéder à son extension pour fabriquer de nouveaux produits. Un investissement de 6 millions d'euros apporterait 20 000 m² de plus, avec 6 emplois à la clef dans un premier temps. Par la suite, la réalisation d'une ligne de broyage conduirait à embaucher quelque 35 salariés. Mais selon la direction de l'usine, le projet ne peut s'exécuter sur Accous car le site ne permet pas facilement un tel agrandissement. D'autant que s'y ajoute le volet environnemental, avec la manipulation des solvants.

Du coup, Toyal Europe a eu l'idée de choisir des terrains appartenant à Total, à Lacq pour bénéficier des utilités (vapeur, électricité, etc.) et les partager avec d'autres industriels. Ce qui signifie des coûts moins importants.

Le hic : dès 2003, les salariés de l'usine de la vallée d'Aspe, ne veulent pas entendre parler de cette extension qu'ils considèrent comme une délocalisation « masquée » qui condamnera à terme le site d'Accous. Jean Lassalle donne de la voix et renforce leur conviction. Il ne cesse de dénoncer ce qu'il considère, lui, comme une délocalisation. Tant bien que mal, le projet avance.

Pour faire tomber les inquiétudes, les délégués du CE de Toyal Europe sont invités à venir visiter en septembre dernier, le site de Lacq. De leur côté, les syndicats de TEPF (Total Exploration Production France) à Lacq, ont demandé des explications. « Il nous a été indiqué qu'il s'agissait bien d'une nouvelle usine qui fabriquerait de nouveaux produits. Ça ne met pas en cause l'usine d'Accous » explique Robert Marco, délégué CFDT de l'usine TEPF de Lacq, qui reconnaît l'entêtement de Jean Lassalle.

« Mais cette fois, dit-il, il pousse le bouchon un peu loin ». Dans un communiqué, Henri Lelièvre, le président de Toyal Europe, vient de rappeler que la société « n'avait jamais eu l'intention de délocaliser ses activités sur le site de Lacq » et que « le projet de Lacq est un projet d'extension industrielle sur un site approprié à son activité ». L'enquête publique a été bouclée en juin dernier. Les travaux devraient démarrer d'ici mai prochain. 

Jean-Pierre Casaux, le maire d'Accous, 450 habitants, sait bien que Toyal Europe est le « poumon » de la vallée d'Aspe. Alors forcément, il se dit « toujours un peu inquiet, mais sans avoir de nouvelles alarmantes » concernant le site industriel. Vendredi dernier, il s'est retrouvé aux côtés de Jean Lassalle pour une réunion concernant la problématique du foncier dans la vallée d'Aspe. Le député n'a rien dit de ses projets.

De notre correspondante en Aquitaine, Colette Goinere

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