Le danois Lundbeck accroît sa présence en France
Le 03 décembre 2009 par Anne Pezet | L'Usine Nouvelle n° 3172A l'inverse des autres laboratoires, le groupe danois développe des capacités de production en France en rachetant le façonnier niçois Elaiapharm.
Le 4 décembre, à Sophia-Antipolis, près de Nice (Alpes-Maritimes), sous pavillon rouge et blanc danois, Lundbeck inaugurait son site de production pharmaceutique, Elaiapharm, acquis en octobre. Pas banal, alors que chaque année en France, deux à trois usines sont au contraire cédées par des laboratoires aux façonniers. Mais pour le danois, qui a réalisé 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2008, cette acquisition est doublement stratégique.
D'abord, parce qu'elle lui permet d'accroître sa flexibilité de production. « Deux sites pharmaceutiques donnent plus de sécurité. En cas de problème sur l'un, l'autre prend le relais », confie Bo Hilligsoe, le vice-président de la production des produits finis de Lundbeck et directeur général d'Elaiapharm. Le groupe danois compte quatre usines, deux pour la production des principes actifs (au Danemark et en Italie) et deux unités pharmaceutiques, au Danemark et, désormais, en France. L'optimisation est de règle : « Depuis quatre ou cinq ans, avec notamment les outils du lean manufacturing, nous avons baissé nos coûts chaque année. Nous allons utiliser ce savoir-faire pour augmenter la productivité et la compétitivité d'Elaiapharm », continue Bo Hilligsoe.
UN PORTEFEUILLE DE PRODUITS BIEN GARNI
Par ailleurs, l'implantation d'un site de production en France vient renforcer la première filiale européenne du groupe, créée en 1984 avec 3 salariés et qui en compte aujourd'hui 600. Avec le lancement d'antipsychotiques, d'un antidépresseur ou d'un anti-Alzheimer, Lundbeck s'est affirmé comme spécialiste du système nerveux central. Un positionnement remarqué en France, où il figure au trentième rang des laboratoires. Aujourd'hui, une centaine d'hôpitaux français testent des molécules de Lundbeck, dans des essais cliniques de phase I, II ou III. Son portefeuille de produits est bien garni, avec neuf qui sont en essais cliniques II et III.
En pleine mutation de l'industrie pharmaceutique, le danois tire son épingle du jeu, grâce à sa spécialisation - unique au monde - dans les traitements des troubles du système nerveux central (maladies psychiatriques et neurologiques). « Grâce à cela, et à nos 23 % de chiffre d'affaires investis en R et D, nous sommes meilleurs en recherche que ce qui serait attendu au vu de notre taille moyenne », assure Marie-Laure Pochon, la présidente de Lundbeck France, qui supervise par ailleurs les filiales allemande et belge.
Seconde originalité : si, depuis 1999, Lundbeck est coté à la Bourse de Copenhague, il est toujours détenu à 70 % par la fondation Lundbeck. « Avec la fondation, la priorité est donnée au moyen terme plus qu'au court terme. Surtout, le cap est maintenu malgré les turbulences », assure Marie-Laure Pochon. La fondation a créé en 1997 l'institut Lundbeck, un centre de formation pour les médecins, à Copenhague. Fin janvier, un second institut de ce type verra le jour en France, pour offrir des formations aux médecins et réfléchir aux aides possibles afin d'éviter la désociabilisation des patients. Car Lundbeck a aussi pour ambition d'être un acteur global de la santé.











