Le constructeur automobile chinois Chery pourrait investir en Catalogne
Le 01 septembre 2010 par Yann Le Houelleur
Selon plusieurs quotidiens espagnols, l'un des groupes automobiles les plus dynamiques en Chine s’apprête à annoncer la construction d’un site industriel à Barcelone. Le président de celle-ci, José Montillo, séjourne actuellement dans la province de Anhui, où bat le cœur du "petit empire" Chery.
La presse espagnole en est persuadée : la visite éclair qu’a faite en Chine le 31 août 2010 le président de la Généralitat (l’organisation politique de la Catalogne) devrait déboucher, de manière imminente, sur l’annonce d’un méga investissement à proximité de Barcelone. José Montillo s’est ainsi rendu à Anhui, une province soumise à un boom économique. Or, c’est à Anhui que bat le cœur d’un «petit empire» automobile en pleine expansion, à savoir Chery. Et depuis quelques temps, ce constructeur automobile qui a produit 800.000 unités en 2008 (selon le quotidien catalan La Vanguardia) est fortement «soupçonné» de vouloir construire un site de production dans la province autonome espagnole.
Parmi les journaux espagnols qui ont titré sur cette prétendue imminente bonne nouvelle : El Pais. Même si les autorités catalanes se sont refusé à commenter les rumeurs qui foisonnent, la rédaction du quotidien a recueilli des confidences émanant de sources anonymes. «Ce projet a toutes les chances de se concrétiser par la création de milliers d’emplois directs en Catalogne.» Le journal le plus prestigieux d’Espagne souligne que «Chery détient un portefeuille très large d’investissements avec des nombreuses divisions qui vont de l’assemblages de voitures à la fabrication de pièces détachées.» Impossible, dans ces conditions, de subodorer ce que Chery pourrait bien produire en Catalogne.
Des modèles défiant toute concurrence
Expansion, un quotidien sur le créneau de l’économie, croit savoir que «Chery pourrait choisir la Catalogne comme plateforme vers toute l’Europe.» Autrement dit, le constructeur automobile chinois aux dents si longues serait prêt à attaquer le Vieux continent, déjà trop à l’étroit dans ses frontières naturelles, avec des modèles défiant toute concurrence en matière de prix. (Fondée en 1977, Chery s’est spécialisée dans la conception de voitures de relative qualité à fort bas prix.) L’ Expansion suppose que l’accord industriel sur le point d’être annoncé pourrait comprendre un important volet électrique. Outre le segment hybride, Chery a beaucoup investi dans la mobilité électrique. Il y a quelques mois, il avait annoncé la sortie, à la fin de l’année, de la citadine électrique S18, dotée de nombreuses «trouvailles» quant aux technologies environnementales.
L’Expansion, à l’instar de ses confrères, rappelle l’attrait qu’exerce sur les Chinois le Port de Barcelone, «qui a vocation à se métamorphoser en une porte d’entrée en Europe des marchandises en provenance d’Asie».
L’an dernier, le plus haut dirigeant de Chery, Yin Tongyue, avait visité cette zone portuaire, un déplacement en Catalogne qui avait culminé, tout naturellement, par un tête à tête avec… le président de la Généralitat.
7 réactions
zorglub | 05/09/2010 - 16H18
+1.
On fait aux Chinois un pont d'or pour l'emploi dans une province espagnole. Donc dans quelques années, ils produiront à grande échelle en Europe des millions de voitures alors que les constructeurs français en sont toujours à fabriquer à l'étranger ! Quel est celui qui en fera les frais le premier ? Renault Peugeot ?
pemmore | 05/09/2010 - 10H19
Peu étonnante, cette information, vu l'avance des chinois pour les accumulateurs et le nombre d'universitaires français partis travailler en Chine. On peut gager que l'esthétique sera au rendez-vous quand on voit leurs pick ups vendus à moîtié prix dans l'océan Indien.
Quand on voit la pression dans les services R&D en France par des cadres qui n'y connaissent rien alors qu'en Chine c'est super cool, on comprend mieux la créativité folle des Chinois.
Edmond | 05/09/2010 - 06H06
Tous les constructeurs européens s'expatrient pour aller fabriquer les pièces des voitures vendues en Europe et aussi à l'étranger. Cela crée aussi des pertes d'emplois en France et aussi dans toute l'Europe. Les Chinois font la même chose sauf qu'eux travaillent pour presque rien et ils n'ont aucune protection sociale.
Il faudrait que "les planqués" de Bruxelles mettent des conditions pour ne pas laisser ceux qui vont nous faire couler s'installer avec leur système du profit capitaliste basé sur le travail à bas prix. Toutes les importations étrangères devraient être soumises à une taxe européenne à but social. Et non pas pour engraisser toujours les mêmes sur le dos des travailleurs qui eux doivent toujours respecter à la lettre les règlements que tous ces capitalistes intouchables ont fait pour eux.
stanislas | 05/09/2010 - 05H57
Christian Estrosi ne défend rien d'autre que ses propres intérêts. Si pour cela, il lui faut défendre les produits français il le fera aussi, comme pour ceux chinois, américains ou néozélandais.
booboo | 04/09/2010 - 22H47
Dartagnan, les Chinois n'ont rien à voir dans cette histoire : la faute en revient totalement à chaque gouvernement européen et à l'Europe qui ont privilégié l'investissement boursier à l'investissement industriel. La bulle spéculative va éclater un jour ou l'autre.
pyopyo | 04/09/2010 - 22H28
C'est ça loi de la libre concurrence tant vantée par MM. Sarkozy et Estrosi ... Donc, ne venez pas pleurer quand cela ne profite pas à la France.
dartagnan | 01/09/2010 - 18H35
pour 1000 emplois crées combien vont etre supprimés en Europe,Halte aux Chinois!Estrosi a raison de defendre
produits francais....

dans la même rubrique
10/02/2012 EDF et Areva renforcent leur partenariat dans l'uranium10/02/2012 Hausse du chiffre d'affaires d'Eiffage au 4e trimestre
10/02/2012 Les Bourses européennes terminent en recul avec les bancaires














