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LE CONCENTRÉ MANQUE TOUJOURS

Par DANIEL KRAJKA - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3230

Pour la première fois de son histoire, le cours de la tonne de cuivre a été projeté au-dessus des 10 000 dollars cette année. En cause ? La difficulté de l'extraction minière à répondre à la hausse de la demande. Alors que les capacités de raffinage sont aisément suffisantes, c'est bien le manque de concentrés qui pénalise l'offre.

La remontée des stocks détenus par le LME ou le SHFE, ainsi que la nervosité sur les marchés provoquée par les révoltes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, ne pèsent guère sur le métal rouge. La cotation continue de frôler les 10 000 dollars la tonne et les derniers chiffres concernant les volumes de production des plus importants acteurs du secteur pointent sur une continuelle faiblesse de l'extraction minière. Le chilien Codelco, numéro un du cuivre, après un fort rebond en 2009, a de nouveau vu sa production s'effriter. Codelco explique ce recul par une teneur moyenne en cuivre du minerai extrait en recul depuis 2004 : elle pourrait tomber vers les 0,75 % en 2011 (chute d'un tiers en quelques années). Quatre autres grands (Freeport McMoRan, BHP Billiton, Rio Tinto et Anglo American) ont subi des baisses de leur production minière en 2010, de respectivement 5, 3, 16 et 7 %. Seul Antofagasta a connu une nette augmentation suite à l'agrandissement de son site principal, Los Pelambres au Chili.

PLEINES CAPACITÉS EN 2017

Les deux plus grandes mines du monde, Escondida au Chili et Grasberg en Indonésie, ont déjà annoncé des baisses de production de 5 à 10 % et de 17 %. Le problème, note Nicholas Snowdon de Barclays Capital, c'est que les mines qui doivent augmenter leur offre en 2011 - Konkola Deep en Zambie (+100 000 t), Esperenza au Chili (+155 000 t) et Cananea au Mexique (+160 000 t) - n'auront pas un impact déterminant sur le marché. Quant aux principaux projets en développement, ils ne réaliseront leurs pleines capacités qu'en 2017 pour Las Bambas (Pérou, 400 000 t), voire en 2020 pour Oyu Tolgoi (Mongolie, 800 000 t). Le manque de concentré, compensé par l'utilisation croissante de déchets cuivreux, pourrait bondir de 100 000 tonnes en 2010 à 800 000 tonnes d'ici deux ou trois ans, met en garde Freeport.

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