L'association de consommateurs UFC-Que Choisir a saisi le Conseil d'Etat. Elle demande à ce que la généralistation du compteur Linky - telle qu'elle est prévue - soit annulée.
"Linky est le premier pas vers une meilleure maîtrise de votre consommation d’électricité." C’est la promesse affichée par ERDF, le gestionnaire du réseau électrique, sur son site internet.
A l’heure où le prix de l’électricité est une préoccupation majeure, l’engagement est alléchant. Pourtant la réalité est bien différente, selon l’UFC-Que Choisir.
L’association de consommateurs a annoncé mardi 24 avril avoir déposé un recours auprès du Conseil d’Etat. "Nous formulons 3 griefs à l’encontre du compteur intelligent", explique Nicolas Mouchnino, spécialiste des questions d’énergie à l’UFC-Que Choisir.
C’est d’abord sur la question de l’accès à l’information qu’ERDF se fait épignler. Or yous les consommateurs ne disposent pas du même accès. "L’arrêté de généralisation ne prévoit pas l’obligation pour le gestionnaire de vous fournir un afficheur déporté si votre compteur se situe en dehors de votre logement. Or, c’est le cas pour plus de 50% des compteurs en France, situés dans les parties communes, les caves…", avance l’UFC.
Quant au bénéfice pour le consommateur, l’argument ne tient pas, selon eux. "C’est essentiellement le gestionnaire du réseau qui va profiter de cette généralisation. C’est bien lui qui fera le plus d’économie". Le consommateur ne dispose pas des informations nécessaires pour lui permettre de maîtriser sa consommation.
Déduire les habitudes des consommateurs
Les gains seraient donc minimes comparés au coût du déploiement, estimé à 4,5 milliards d’euros. Or ce coût global sera intégré dans le tarif d’utilisation du réseau public de l’électricité (TURPE). Le montant répercuté pour chaque compteur s’élèverait donc à 128 euros par compteur.
Enfin, l’UFC met en garde contre la privatisation des données à laquelle pourrait procéder le gestionnaire de réseau. "Avec l’arrivée du Linky les offres vont s’affiner, des tarifs différenciés selon les heures de consommation devraient voir le jour. Ainsi, les données transmises au fournisseur seront plus nombreuses", explique Nicolas Mouchnino.
Si le consommateur donne son consentement, ERDF peut communiquer des données de consommation précises. Elles permettraient de déduire les habitudes de vie des consommateurs. "Il y aurait derrière tout ça un usage commercial", s’inquiète Nicolas Mouchnino.
L’association demande donc que soit annulée la généralisation en l’état. "Le consommateur doit être remis au centre du processus. Le but est de parvenir à une opération gagnant/gagnant". Le gestionnaire du réseau, contacté par L’Usine Nouvelle, n’a que cet argument à opposer aux reproches formulés par l’UFC-Que choisir : "Pendant et à l’issue de l’expérimentation du compteur Linky, des débats ont eu lieu avec l’ensemble des parties concernées où chacun a pu formuler des remarques. L’expérimentation réussie a été validée par les pouvoir publics le 28 septembre 2011."









