Le complexe pétrochimique de Berre vers un blocage complet
Par Jean-Christophe Barla (Provence-Alpes-Côte d'Azur) - Publié le
© LyondellBasell
Social. La direction de LyondellBasell Industries a officialisé ce 27 septembre en comité d’entreprise extraordinaire sa volonté de fermer prochainement la raffinerie de Berre-l’Etang (Bouches-du-Rhône) dont elle avait annoncé la mise en vente le 31 mai dernier.
Elle affirme n’avoir reçu « aucune offre de reprise » bien que « 85 entités à travers le monde » aient été approchées « au cours du processus approfondi de mise en vente ».
Dans un communiqué, le directeur général du complexe pétrochimique de Berre, Jean Gadbois, confie que « malgré les efforts des salariés et de la direction, la raffinerie continue de subir de lourdes pertes et ne parvient pas à devenir rentable ». LBI soutient cependant vouloir conserver ses activités pétrochimiques, son « cœur de métier ».
Une assemblée générale s’est tenue dans la foulée de cette annonce et l’intersyndicale CGT-CFE-CGC, CFDT-FO-CFTC a fait approuver, devant les portes de la raffinerie, le blocage de l’ensemble du site pétrochimique, raffinerie, unités chimiques et dépôts inclus. Les représentants des salariés s’avouaient stupéfaits de la teneur du CE de ce matin. « La direction nous a annoncé que la raffinerie perdait environ 10 millions d’euros par mois, sans jamais présenter une seule donnée sur la rentabilité potentielle du site sans sa raffinerie, explique, au nom de l’intersyndicale, Patrick Sciurca, délégué CGT. Or, le complexe en son entier est rentable. Il a déjà dégagé en six mois plus de 50 millions d’euros. De plus, aucun plan d’investissement n’a été exposé pour les unités chimiques que LBI considère pourtant comme son cœur de métier ».
Les syndicats dénoncent également la désinvolture avec laquelle LBI aurait mené cette vente, la recherche d’un acquéreur n’ayant duré, selon eux, qu’un mois et demi alors que la cession d’une raffinerie prend généralement de 12 à 18 mois. Ils craignent un « détricotage » progressif du site qui conduirait à sa fermeture totale à terme. « En l’absence de vision industrielle, nous sommes tous en danger » insiste Jean-Pierre Bourrelly, délégué CFDT, qui, dès le début 2011, avait tenté d’alerter personnels et pouvoirs publics sur les risques de fermeture.
La raffinerie emploie 370 salariés (pour 1 250 au total sur le site, hors sous-traitants) et mobilise quasiment autant de sous-traitants. Elle dispose d’une capacité de 105 000 barils par an qui alimentent principalement les usines chimiques du complexe pour la production, entre autres, de polypropylène et de polyéthylène. La direction de LBI soulignait dans son communiqué que « la fermeture envisagée de la raffinerie ne devrait avoir d’effet ni sur les dépôts, ni sur les unités pétrochimiques, ni sur les installations des autres opérateurs présents sur le site ».
Il semblerait que dans les prochains jours, il y aura des conséquences, l’AG des salariés ayant décidé l’arrêt de toutes les unités dans les 36 heures. Le mouvement est engagé pour 48h et sera renouvelé ensuite, par vote, toutes les 24h. « L’avenir que propose LBI débouchera sur le démantèlement du site. Nous sommes obligés d’entrer en grève. Nous n’avons rien à perdre » confie Rémi Patron, délégué CFE-CGC.
Tous soulignent qu’une vente de l’intégralité du site et pas de sa seule raffinerie aurait plus de chances d’aboutir. Une éventualité que LBI refuse absolument.
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