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L'Usine Auto

Le circuit automobile du Mans ne se limite pas aux 24 heures

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Reportage L’Automobile Club du Mans, gestionnaire du circuit des 24 Heures, veut s’ouvrir à l’industrie et au grand public, avec les projets d’une troisième piste et d’un parc à thème autour de l’automobile du futur.

Le circuit automobile du Mans ne se limite pas aux 24 heures © Pascal Guittet

Les motos filent dans la ligne droite face aux paddocks où l’effervescence règne. Une journée d’essais se termine sur le circuit du Mans. En bord de piste, le siège de l’Automobile Club de l’Ouest (ACO), l’association qui gère le circuit et les 24 Heures du Mans, se vide doucement de ses 160 employés. L’agglomération et ses environs vivent au rythme du circuit et notamment des mythiques 24 Heures auto. Avec ses époques fastes et ses coups durs, au gré de l’engagement ou du retrait des constructeurs de la compétition. La crise du secteur automobile ces dernières années a pesé lourd. "La course auto marche par cycles, explique Pierre Fillon, le président d’ACO depuis 2012. Quand les 24 Heures allaient mal, ACO allait mal. Une seule course dans l’année, cela ne suffit plus." L’activité de l’association ne peut plus dépendre à 80 % de cette course, comme c’était le cas il y a quelques années. "Nous voulons descendre en dessous des 50 %", affirme Pierre Fillon.

Des pistes réservées un an à l’avance

Pour assurer sa pérennité, ACO a entrepris une diversification tous azimuts. L’association organise trois séries de courses d’endurance sur trois continents (États-Unis, Europe, Asie) et depuis 2012 le Championnat du monde d’endurance (WEC), avec la Fédération internationale de l’automobile (FIA). Cela permet aux constructeurs présents dans l’endurance (Porsche, Toyota, Audi, Ferrari…) de mieux amortir leur investissement et de promouvoir leurs marques sur de nouveaux territoires. ACO fait figure de grosse PME, avec 50 millions d’euros de chiffre d’affaires, plus 30 millions d’euros pour la filiale de 25 personnes qui gère les championnats du monde. Les retombées économiques locales de ses activités sont estimées à 115 millions d’euros et 2 500 équivalents temps plein. "Nous voulons les porter à 140 millions d’euros", annonce Pierre Fillon. L’association a multiplié les épreuves (24 Heures pour les motos, les karts, les camions, Le Mans Classic, Grand Prix de France de motos…), afin de maximiser le taux d’utilisation de ses deux circuits : Bugatti (4,2 km) et Maison Blanche (2,8 km). Aujourd’hui, les deux pistes sont réservées un an à l’avance.


Sur le technoparc, Onroak assemble les prototypes pour l'endurance. (Crédits - Pascal Guittet)

Un indéniable succès, mais un obstacle pour le tissu industriel qui a du mal à se développer. Adossé au circuit Bugatti, le Technoparc, créé par François Fillon – le frère aîné de Pierre, lui aussi amateur de course – lorsqu’il était le président du conseil départemental, a pour vocation d’accueillir sur 30 hectares des entreprises à la pointe dans le sport auto. Fer de lance, l’écurie OakRacing, qui a développé Onroak Automotive, spécialiste de la fabrication de prototypes. Retenu par ACO et la FIA pour fabriquer les prototypes d’endurance LMP2 et LMP3, qu’il commercialise sous les marques Ligier et Morgan, le groupe emploie près de 60 personnes sur place.

"Nous avons au total une soixantaine de véhicules qui roulent dans le monde, se félicite Jacques Nicolet, le patron du groupe, qui regrette le difficile accès à la piste mancelle. Nous produisons nos voitures ici, mais réalisons le déverminage à Magny-Cours, où le circuit est plus facile d’accès. Et il y a là-bas un pôle technologique qui n’existe pas vraiment ici." Le Technoparc du Mans abritait plusieurs écuries de course qui ont mis la clé sous la porte, notamment celle de Luc Alphand et celle d’Henri Pescarolo. Il accueille aujourd’hui l’Auto Sport Academy, une école de formation de pilotes et de mécaniciens ; l’atelier Courage Classic, qui entretient d’anciens véhicules de course pour les refaire courir ; des sociétés d’ingénierie ; mais aussi l’Institut de l’automobile du Mans (IAM), un cluster auto qui compte 136 adhérents et qui offre des moyens de calcul intensif et de simulation.

Attirer un million de visiteurs en 2020

On y trouve également Mondial Assistance et la SNCF qui a installé un centre de formation des mécaniciens... Pas vraiment le but initial. "Le projet ambitieux était de faire du Technoparc un centre de recherche pour attirer les ingénieurs et les constructeurs, mais il n’est pas allé à son terme", regrette Pierre Fillon, qui veut redynamiser le site avec un projet dont le nom de code est Le Mans Resort. Un parcours pour le grand public, organisé autour des thématiques du patrimoine, de la sécurité et de l’innovation technologique, avec en ligne de mire une automobile zéro émission en 2030. "On se déplacera sur le circuit en véhicule autonome", imagine déjà le patron d’ACO, qui veut associer les grands constructeurs à ce projet prévu en trois tranches, dont la première (un investissement de 15 à 20 millions d’euros) ouvrirait en 2019. L’objectif est d’accueillir 1 million de visiteurs sur le circuit en 2020 autour de la thématique auto au sens large.


L'écurie DAMS est située à quelques kilomètres du circuit, à Ruaudin. (Crédits - Pascal Guittet)

Le projet permettrait peut-être d’impliquer davantage les industriels locaux. La Sarthe est une terre d’automobile, deuxième industrie du département derrière l’agroalimentaire : Gruau est originaire du Mans, Renault y possède une usine de châssis, GKN fabrique des transmissions à Arnage, de même que NTN à Allones, Valeo est implanté à Sablé... Au total, un tissu de près de 700 acteurs et 40 000 emplois. Mais peu associés à la marche du circuit. Une troisième piste, actuellement à l’étude, pourrait contribuer à resserrer les liens avec l’industrie automobile en lui offrant une possibilité de tester des innovations pour les véhicules de route. Et cela dégagerait davantage de disponibilités de roulage pour le pôle industriel sportif. Pierre Fillon voudrait accueillir sur le Technoparc des start-up du numérique "et pourquoi pas un fabricant de voitures autonomes pour Le Mans Resort »...

Au Mans, Patrick Déniel

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