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Le chômage se rappelle au bon souvenir des candidats

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PARIS (Reuters) - L'augmentation du chômage, qui devrait bientôt frôler, voire dépasser 10% de la population active française, risque de jouer un rôle majeur dans la campagne pour la présidentielle de 2012.

Les chiffres d'octobre, annoncés ce lundi à 18h00, seront mauvais, a déjà fait savoir le ministre du Travail et de l'Emploi, Xavier Bertrand, ramenant ainsi le débat politique sur une préoccupation majeure des électeurs.

Comme une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule, l'agence de notation Moody's a fait savoir que l'aggravation de la crise financière dans la zone euro pesait sur les perspectives de notation de la dette souveraine de tous les pays européens.

La France se savait déjà en première ligne après que les trois principales agences de notation l'ont avertie qu'une intensification de la crise mettrait en danger son fameux "triple A" qui lui permet d'emprunter à des taux avantageux.

Dans ce contexte troublé, l'accroissement du chômage est la dernière chose que pouvait souhaiter le gouvernement, qui se retrouve confronté à une tâche compliquée : remporter une élection présidentielle avec un taux de chômage autour de 10%.

L'objectif de 9% que s'était fixé Xavier Bertrand pour fin 2011 est en effet hors d'atteinte, de l'aveu même du ministre.

"On ne les tiendra pas maintenant (les 9%)", a concédé dès dimanche un ministre du Travail pour lequel les mois se suivent et se ressemblent puisqu'en septembre, déjà, le nombre de demandeurs d'emploi avait atteint son plus haut niveau depuis début 2000 à 2.780.500 pour la catégorie A, la plus observée.

"La vérité c'est que les chiffres de l'emploi ne seront pas bons et chacun sait qu'ils ne peuvent pas être bons à cause d'une crise dont on ne sort pas encore et une crise qui parfois même, sur le terrain, s'intensifie", a expliqué Xavier Bertrand sur RTL et LCI.

LA GAUCHE RÊVE D'ALTERNANCE

Les élections présidentielles en France se décident souvent sur le chômage et la croissance. Les poussées de chômage ont ainsi été sanctionnées par les électeurs en 1981 avec l'élection de François Mitterrand puis en 1995 avec celle de Jacques Chirac.

La gauche se prend donc sérieusement à rêver d'alternance et François Hollande, qui sort d'une séquence difficile marquée sur l'imbroglio des négociations entre socialistes et écologistes autour du nucléaire, s'est empressé lundi de replacer le débat sur le terrain du chômage.

Le candidat du PS a ainsi dit craindre que la barre symbolique des 10% de la population active au chômage soit franchie. Et de livrer sa recette qui pourrait se résumer au slogan suivant : produire plus pour travailler plus.

"La première condition, c'est de permettre davantage de personnes au travail. Voilà mon ambition : travailler davantage, plus nombreux", a dit le candidat socialiste sur RMC et BFM-TV.

"Il faut être plus forts et donc pour être plus forts, il faut produire, la production française - industrielle, agricole, de services", a-t-il ajouté.

Face à cette déclaration de principe, la majorité oppose le discours qu'elle tient depuis des mois, à savoir que Nicolas Sarkozy tient la barre du vaisseau France dans la tempête et que la pire erreur serait de changer de capitaine.

SOMBRES PRÉDICTIONS

L'urgence est réelle, comme le reconnaît la présidente du Medef, Laurence Parisot, qui a appelé lundi à une mobilisation au service de l'emploi et de l'Europe.

"Aujourd'hui, la machine économique se grippe, nous le voyons dans les entreprises", a-t-elle dit sur LCI. "Il y a une instabilité, une incertitude qui est très grande. Nous avons intérêt à nous mobiliser pour l'emploi et pour l'Europe, les deux sont liés."

L'Europe, engluée dans une crise de la dette devenue politique, constitue la principale préoccupation de l'Organisation de coopération et de développement économiques qui publie lundi ses perspectives semestrielles.

La zone euro semble engagée dans une légère récession à mesure que la crise de la dette se propage, constate l'OCDE, qui pointe du doigt des taux de chômage élevés et note que le chômage de longue durée à tendance à se généraliser.

L'Organisation de coopération et de développement économiques anticipe que le taux de chômage se stabilisera à 10,3% en 2013 après avoir culminé à 10,4% fin 2012.

De quoi alimenter la réflexion des candidats à la présidentielle comme celle de Laurence Parisot.

"S'il y a des signes de récession, c'est parce qu'il y a une doute sur l'avenir de l'Europe", souligne cette dernière, qui ne veut cependant pas croire aux sombres prédictions de l'économiste et écrivain Jacques Attali, pour lequel l'euro ne passera pas Nöel.

"Si on n'agit pas vite, le chaos est là, juste devant nous", déclare notamment Jacques Attali, celui-là même qui avait agacé le gouvernement en affirmant que la France avait déjà perdu son "triple A", dans une interview accordée au Journal du Dimanche.

Patrick Vignal, édité par Yves Clarisse

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