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"Le choix de Siemens montre que les énergies renouvelables sont une réalité industrielle"

Par Camille Chandès - Publié le
Eolienne Siemens
© D.R.

  Le géant allemand Siemens a annoncé le 18 septembre son retrait de la construction et du financement des centrales nucléaires. Son objectif : mettre le cap sur les énergies renouvelables. David Dornbusch, le président de CleanTuesday*, une association française pour la promotion des cleantech, voit dans cette décision une excellente nouvelle.

L'Usine Nouvelle - Que pensez-vous de la décision de Siemens ?
David Dornbush - Un des anciens patrons de Siemens disait "le nucléaire représente 5 % de notre chiffre d’affaires et 95% de nos soucis". Le groupe allemand s’est longtemps cherché dans le nucléaire. Au vu du chiffre d’affaires que l’entreprise réalise déjà dans l’éolien (3,2 milliards d’euros en 2010), l’annonce de se retirer de la construction de centrales nucléaires est symbolique. Siemens possède près de dix usines dans le grand éolien et il est présent dans le solaire. Et je fais le pari qu’il va se lancer bientôt dans les énergies marines.

Est-ce une bonne nouvelle pour les énergies renouvelables ?
C’est une excellente nouvelle ! On ne peut que se réjouir qu’une entreprise de cette taille prenne une telle décision. Siemens est un véritable leader d’opinion. Quand le groupe s’est lancé dans la technologie du solaire thermique à concentration (CSP) en rachetant l’israélien Arava Power en 2009, Alstom et General Electric ont suivi. Le premier acquérant  BrightSource en 2010, le second ESolar en 2011. Si Siemens abandonne le nucléaire au profit des énergies renouvelables, c’est qu’il estime ce secteur rentable. Les entreprises comme General Electric, ABB ou Alstom - qui jouent dans la même catégorie - doivent être en train de réfléchir sérieusement.

Ceci montre surtout que les énergies renouvelables sont une réalité industrielle sauf … en France. Les investissements mondiaux dans les cleantechs sont aujourd’hui 4 à 5 fois supérieurs à ceux réalisés dans le nucléaire. 250 milliards de dollars ont été investis sans le monde, dont 80% dans le solaire et l’éolien. La décision de Siemens prouve que les énergies renouvelables ont largement dépassé le nucléaire.

Ceci peut-il inciter les industriels français à s’implanter sur le marché allemand ?
Il n’y a pas de grands industriels français des énergies renouvelables. Dans le solaire, Photowatt pointe désormais au-delà de la 100ème place du classement mondial. Et dans l’éolien, Vergnet reste petit : son chiffre d’affaires annuel équivaut à celui que le danois Vestas réalise en une journée ! En Allemagne, le marché des smartgrids se développe. Ce qui devrait profiter aux industriels allemands mais aussi chinois et américains. Seul le français Schneider, qui vient de racheter six entreprises dans le domaine, pourrait peut-être se positionner.

Que faut-il pour que les énergies renouvelables décollent en France ?
Il faut un cadre administratif, juridique et financier clair et une parole politique forte. Il faut désormais attendre le résultat des élections présidentielles pour voir les lignes bouger.

* L'association CleanTuesday rassemble des start-up, des grandes entreprises, des collectivités, des fonds d’investissements.

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