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Le Charles-de-Gaulle, c'est aussi une usine...

Par OLIVIER COGNASSE - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3261

Le porte-avions à propulsion nucléaire est un véritable complexe industriel. De retour d'opérations au large des côtes libyennes, il est en maintenance à l'arsenal de Toulon.

À la veille des commémorations du 11 novembre, le Charles-de-Gaulle est au repos dans la rade de Toulon (Var), pour une révision bien méritée. Au cours des douze derniers mois, le bâtiment de la Marine nationale, qui embarque une quarantaine d'avions de combat et d'hélicoptères, a navigué pendant neuf mois. Dans l'océan Indien, pour lutter contre la piraterie au large des côtes somaliennes et soutenir les troupes franç aises déployées en Afghanistan, et en Méditerranée, pour aider les insurgés libyens à renverser le régime du colonel Kadhafi.

1. Industrie lourde. « C'est un instrument de diplomatie et de combat extrêmement complexe, assure l'amiral Benoît de la Bigne, conseiller naval chez DCNS, le constructeur du Charles-de-Gaulle. Très peu de maîtres d'oeuvre sont capables de le développer dans le monde. » Quatre fois plus lourd que la tour Eiffel, le porte-avions dispose d'une usine électrique pour alimenter, notamment, les deux ascenseurs géants qui hissent les aéronefs sur le pont d'envol.

2. Les 3 X 8. Pas de répit pour la production à bord du Charles-de-Gaulle, qui peut déployer jusqu'à 40 avions au rythme d'un catapultage toutes les trente secondes. Cette usine flottante tourne 24 heures sur 24. Parmi ses 1 900 hommes, 1 260 constituent l'équipage et 540 le groupe aérien. Les 100 restants appartiennent à l'état-major. Le porte-avions gère jusqu'à 100 missions aériennes par jour.

3. Attaque et autodéfense. Ce bâtiment d'attaque doté de canons et de leurres assure sa défense contre les avions ennemis. Son système de combat Senit permet la mise en oeuvre de missiles d'autodéfense Aster. Équipé d'un puissant système de communication pour l'interopérabilité avec les forces de l'Otan, il navigue entouré de frégates antiaériennes et anti-sous-marines.

4. Une maintenance en mer et en rade. Quand le navire est en opération, une partie de la maintenancse est effectuée en mer. Les interventions les plus longues sont réalisées à l'arsenal de Toulon. « Un arrêt majeur a lieu tous les huit ans, notamment pour la propulsion nucléaire, constituée de deux réacteurs de 150 MW. Le navire est alors immobilisé pendant environ un an », précise l'amiral Benoît de la Bigne.

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