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Le chantier de l’Industrie du futur a démarré, mais la route est encore longue

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Les fondations du projet de l’Industrie du futur sont en cours de construction. Les régions jouent leur rôle et aident les PMI. Mais le chantier est immense. Il faut analyser, former, restructurer et faire évoluer les mentalités.

Le chantier de l’Industrie du futur a démarré, mais la route est encore longue © Ministère de l'Economie

À l’occasion du lancement de son cinquantième anniversaire, le Centre technique des industries mécaniques (Cetim) a fait le point sur les premiers éléments concrets du projet Industrie du futur. Membre fondateur, avec la Fédération des industries mécaniques (FIM), il joue le rôle de pilote du groupe chargé du déploiement de la démarche de transformation dans les entreprises.

À fin janvier 2016, près de 1 200 PME et ETI sont déjà engagées dans un processus d’investissement ou au moins de diagnostic pour accélérer leur modernisation. Un millier d’entre elles bénéficie des dispositifs d’accompagnement mis en place par les conseils régionaux qui disposent d’un budget global de 200 millions d’euros. Les 200 autres sont soutenues dans le cadre de plan Robot Start PME initié par le Syndicat des machines et technologies de production (Symop). Et des financements sont disponibles pour accompagner 1 000 PMI supplémentaires. 760 entreprises ont déjà bénéficié d’un montant total de 630 millions d’euros de prêts "Usine du futur".

Le temps des petits chefs est révolu

"Il n’y a pas d’industrie du futur sans une action de masse avec les PMI, insiste Daniel Richet, directeur du développement du Cetim. Le défi du programme, c’est de nourrir la totalité du tissu des différentes filières. L’objectif de 2000 PMI dans l’Alliance sera atteint cette année." 

Les régions jouent un rôle important dans la réussite du projet. Invité par le Cetim, la région Aquitaine - Limousin - Poitou-Charentes a détaillé son programme "Usine du futur", articulé autour de quatre axes principaux : la création d’un plan de productivité de court terme, dédié aux entreprises industrielles ; la réalisation d’un panorama global de la performance industrielle des entreprises ; la structuration de l’offre de compétence régionale ; le lancement de projets de recherche collaborative sur le moyen et long terme.

Les soutiens aux projets de productivité portent sur trois volets, l’outil de production, l’organisation industrielle, et les conditions de travail et de management. Un premier panorama de la performance industrielle a apporté son lot d’enseignements. "Le management intermédiaire est le gros point faible de nos PME, souligne François Pellerin, directeur du projet Usine du futur de la région Aquitaine - Limousin - Poitou-Charentes. Il faut absolument former ce management à son nouveau rôle. Aujourd’hui, c’est la base qui sait. Le temps de petits chefs est révolu. C’est un changement culturel, qui est difficile à réaliser en France." Mais le panorama a aussi constaté d’importants gisements de productivité, puisque deux tiers des entreprises pourraient gagner au moins 30 % de leur temps d’écoulement. À partir de ces constats, la région a défini cinq axes de compétitivité technologiques prioritaires : robotique, contrôle non destructif, outils numériques, outils de maintenance optimisés, fabrication additive. Au total, ce sont 17 millions d’euros qui ont été engagés en deux ans sur la région.

Une ambition énorme

Au niveau national, la barre est placée très haut. "Il est inexact de dire que notre plan est une copie du plan allemand, affirme Philippe Darmayan, président de l’Alliance industrie du futur. Le plan français est une ambition énorme pour relancer l’industrie."

Le chantier reste lui aussi énorme. Philippe Damayan en a conscience. "Il faut que les fédérations se secouent un peu. C’est bien d’adhérer, mais elles doivent maintenant devenir force de proposition et s’impliquer dans l’Alliance."

De son côté, Jérôme Frantz, président de la FIM, pointe un risque. "Sur le terrain, il y a beaucoup de petits clusters qui se forment. Il faut les structurer, créer des collaborations interfilières pour mailler les compétences, en évitant de faire du colbertisme."

Le chantier de l’industrie du futur est immense. Et lorsqu’on entend un des intervenants indiquer que les PMI doivent s’équiper en progiciels de gestion intégrés, on entrevoit le retard que certaines entreprises ont encore à combler.

Patrice Desmedt

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